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10 octobre 2020 6 10 /10 /octobre /2020 16:13

 

Il grandit à Albuquerque (Nouveau Mexique), où il étudie la musique et l’anthropologie et apprend à jouer du piano. À New York, il joue avec Charlie Parker (1947–48), Illinois Jacquet, le nonette de Miles Davis (qui interprète deux de ses arrangements : Rouge et Move) dont les traces discographiques constitueront les “fameuses” séances Capitol du trompettiste, Lester Young, etc. Après la formation du Modern Jazz Quartet, il est l’un des principaux initiateurs, avec Gunther Schuller, du Third Stream, participe à la création de la Jazz and Classical Music Society et de l’Orchestra USA, deux orchestres à personnel variable mais qui ont en commun de réunir des instrumentistes également capables de jouer du jazz et de déchiffrer des partitions classiques. Accompagnateur recherché, il a enregistré avec Ben Webster, Charles Mingus, Clifford Brown, Coleman Hawkins, Sonny Rollins, Stan Getz, Barney Wilen, Albert Mangelsdorff, Helen Merrill, Christian Escoudé…

Cet entretien a été réalisé en juillet 1976 au cours de la Grande Parade du Jazz à Nice.

avec George Duvivier et George Wein, Grande Parade du Jazz, Nice 1977.

 

Que faites-vous, John Lewis. depuis la dissolution du Modern Jazz Quartet. Avez-vous formé un autre groupe ?

Non, je n’ai pas de groupe régulier. J’enseigne dans un collège, à New York. L’un de mes étudiants, d‘ailleurs, est le guitariste du groupe actuel de Dizzy Gillespie : Rodney Jones. J’enseigne l‘improvisation de jazz, l’histoire du jazz après la deuxième guerre mondiale… J‘enseigne aussi la technique du jeu en petite formation. Dans cette école, nous avons également un orchestre de musique de chambre… Depuis la dissolution du MJQ, l’enseignement est ma principale activité. Je ne joue presque pas, sinon avec mes étudiants… En janvier dernier. j‘ai fait une tournée au Japon avec Marian McPartland et Hank Jones. Nous avons joué en piano solo, en duos et à trois pianos. En septembre, je retournerai à l’école, les cours reprennent. J’ai aussi l‘intention de retravailler avec Marian et Hank Jones.

avec Hank Jones, Anvers 1986.

 

Combien de disques avez-vous enregistrés avec le Modern Jazz Quartet ?

Trente-six. Peut-être y en a-t-il davantage, mais je n’en connais que trente-six.

Combien de temps le Modern Jazz Quartet a-t-il existé ?

Vingt-deux ans, et avec un seul changement de personnel — quand Connie Kay, il y a vingt ans, a remplacé Kenny Clarke.

Pourquoi le MJQ a-t-il été dissous?

Nous commencions à vieillir et nous voyagions sans cesse. Pendant les trois dernières années d’existence du quartette, nous n’avons pas pris les moindres vacances. Habituellement, nous cessions de travailler ensemble en été, mais les festivals et les occasions de jouer en été se sont multipliées et il n’a plus été question de vacances. C‘était vraiment trop ! La dernière année, nous avons fait deux tournées extrêmement longues, au Japon et en Australie. Quand on veut avoir un groupe de ce type, avec toujours les mêmes musiciens, il faut faire attention à ce genre de choses… Vingt-deux ans, c’est suffisant.

Comment ce groupe était-il né ?

L’idée du quartette est partie de la section rythmique du grand orchestre de Dizzy Gillespie en 1946–47 et en 48. Il y avait Milt Jackson, Ray Brown, Kenny Clarke et moi. Nous sommes devenus de grands amis. Puis Percy Heath s’est joint à nous…

Modern Jazz Quartet (Lewis, Heath, Kay, Jackson), Nice 1982.

 

Il fit partie, lui aussi, du big band de Dizzy Gillespie ?

Oui, mais plus tard. Vers 1951, Milt Jackson grava quatre faces de 78-tours avec nous, et il y avait un tel feeling, une telle entente, que nous avons essayé de former un groupe permanent. A cette époque, Percy, Kenny, Milt et moi avions une assez grande réputation. Aussi avons-nous pensé que ce serait une meilleure idée de former un groupe en coopérative, un groupe où nous partagerions tout.

Comment, aujourd’hui, décririez-vous la musique du MJQ ?

La musique du Modern Jazz Quartet était basée sur les idées de Dizzy Gillespie et Charlie Parker. Nous voulions former un groupe plutôt qu’un assemblage de musiciens…

On a beaucoup parlé de votre utilisation de formes telles que le contrepoint et la fugue…

Oui, nous avons essayé de profiter de la musique occidentale, et pas seulement de la musique occidentale…

La tenue de scène des musiciens du quartette, très souvent l’habit, affichait un certain souci de rigueur…

Oui, parce que notre apparence physique n’était pas importante. Ce qui était important, c’était notre musique.

Modern Jazz Quartet, Tourcoing 1990.

Vous souvenez-vous de votre premier engagement professionnel ?

Vous voulez dire la première fois que j‘ai joué pour de l‘argent? C’était il y a très longtemps. J‘avais douze ans et je jouais avec des groupes locaux, au Nouveau Mexique. Dans ma famille, presque tout le monde faisait de la musique, j’avais beaucoup de cousins qui jouaient de tous les instruments. (Propos recueillis par Gérard Rouy.)

avec Kenny Clarke — qui fut le premier batteur du Milt Jackson Quartet (MJQ) que complétaient John Lewis et Ray Brown, remplacé par Percy Heath, formation qui deviendra, sous la direction musicale de John Lewis, le Modern Jazz Quartet (MJQ), Connie Kay remplaçant Clarke en 1955. Nice 1976.
avec Major Holley et Jimmy Rowles, Nice 1979.
avec Dizzy Gillespie et George Wein, Nice 1979.
avec Buddy Rich, Nice 1986.

 

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