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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 11:30

Michael Alizon (saxophones ténor & soprano), Jean-Charles Richard (saxophones baryton & soprano), Benjamin Moussay (piano électrique, synthétiseur, effets), Jozef Dumoulin (piano électrique, synthétiseur, effets), Franck Vaillant (batterie)

Strasbourg, février 2020

Label Oh ! COH 0010 / Inouïe Distribution

 

Souvenir d'avoir écouté (et même présenté sur scène) Michael Alizon, au sein de l'orchestre de Bernard Struber, et d'avoir été frappé par sa personnalité musicale. Le retrouver avec son quintette, en excellentissime compagnie, m'est un vrai bonheur. La trame (concept ? inspiration ?), c'est l'univers en expansion. Vaste sujet, qui excède largement les limites de la musique, encore que la création musicale, quand on y réfléchit, est en perpétuelle expansion, et l'on peine à lui dessiner quelque limite.... Les vertiges de la cosmologie nous entraînent très loin de la cosmogonie d'Hésiode, et des chimères pré-socratiques. Mais finalement, ce sont ces chimères qui nourrissent notre imaginaire, le télescope Hubble, et la cosmologie contemporaine, et prospective, repoussent si c'était encore possible l'horizon de notre imaginaire. Mais c'est la musique qui nous requiert. Au début, d'un unisson mystérieux va surgir un peu de ce monde que nous allons découvrir, improvisations (ténor, claviers) ponctuées de fractures et de riffs entêtants. Plus loin le baryton paraît mener la danse en sortant de sa tessiture de confort. Constamment la finesse des harmonisations s'insère dans le lancinement des rythmes et de l'ostinato. Mais cette marche ordonnée jamais n'entame l'expression, ni ce sentiment de liberté produit par une musique qui suit son chemin en fédérant les initiatives individuelles. Puis vient une débauche de rythmes et de riffs qui vont assurer la transition du mystère à l'effervescence. C'est construit, pensé comme un ensemble compositionnel, et pourtant l'on devine que chacun se sent libre dans cette totalité en mouvement. La conclusion est plutôt douce, comme une fenêtre ouverte vers la limite sans cesse repoussée d'un mode toujours à imaginer. Il reste maintenant à explorer musicalement le multivers, cette entité cosmique où de multiples univers se développeraient. Anaximandre versus Hésiode, en quelque sorte. Pour peu que, là aussi, l'expansion soit de mise, les arts qui s'inspirent de ce thème ont de beaux siècles d'avenir.... En attendant ce futur aléatoire, écoutez ce très très bon disque

Xavier Prévost

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On aurait dû les écouter cette année au festival Jazzdor mais le confinement en a décidé autrement. Voici, au festival Jazzdor 2019, une préfiguration de la musique que l'on retrouve sur le disque 

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