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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 09:32
THE MUSIC OF BILL EVANS :  INTERPLAY     DIEGO IMBERT/ALAIN-JEAN MARIE

 

THE MUSIC OF BILL EVANS : INTERPLAY 

DIEGO IMBERT/ ALAIN-JEAN MARIE

produit par TREBIM music / L’autre Distribution

SORTIE DU CD le 13 Novembre

CONCERT DE LANCEMENT AU BAL BLOMET, le 3 décembre 2020 dans le cadre des Jeudis de Jazz Magazine

https://www.fip.fr/jazz/diego-imbert-et-alain-jean-marie-celebrent-bill-evans-18444

 

Commencer par le titre “Interplay” qui magnifie le jouage, l’échange, la circulation de la musique quand il s’agit de rendre hommage à Bill Evans est de bon augure. Même si c’est le seul titre conservé du CD éponyme de 1962. C’est que dans l’immense répertoire de Bill Evans, il a fallu faire un choix, “cornélien”, on s’en doute.

On peut faire confiance à Alain Jean-Marie et Diego Imbert, deux musiciens humbles mais tellement talentueux. S’attaquer à l’icône absolue pour un pianiste, évoquer les grands de l’instrument qui ont accompagné Bill Evans en renouvelant l’art du trio, Scott La Faro, Marc Johnson et surtout Eddie Gomez que rencontra le jeune Diego Imbert, lors de célèbres stages de Capbreton au début des années 2000. C’est d’ailleurs à l’initiative de Diego Imbert que nous devons ce projet avec le pianiste guadeloupéen, connu pour sa maestria be bop et ses “Beguine Reflections”.

Un duo piano-contrebasse, quoi de plus simple, même si Bill Evans renouvela la forme du trio ( piano/basse/batterie). Ajoutons qu’Eddie Gomez et Bill Evans vécurent un compagnonnage musical de plus de dix ans et osèrent cette expérimentation dont témoignent deux albums en 1974 Intuition et Montreux III en 1975.

15 petites pièces dont 4 ne sont pas du maître, composent donc ce bouquet offrande, effluves d’un jazz aimé, un brin nostalgique mais audacieux dans son agencement, sans aucune volonté démonstrative ni recherche de virtuosité : le résultat d’une juste durée, nécessaire mais suffisante nous fait atteindre la planète EVANS! La chanson du tandem Burt Baccarach/Hal David “Alfie” pour le film éponyme de 1966 de Lewis Gilbert, qui fit de Michael Caine une icône absolue des sixties, avec une B.O entièrement jazz de Sonny Rollins, n’est pas choisie au hasard, car cette composition dont s’empara Bill Evans, pour la mettre à son répertoire, donna lieu à de multiples interprétations comme par exemple celle, avec Eddie Gomez et Marty Morell en 1968, au Village Gate.

La mélodie existe déjà avec les compositions de Bill Evans, il ne faut pas la démolir ni la déstructurer de trop, mais la jouer comme on le ressent. Reste à s'arranger avec l’harmonie qui structure le corps du morceau. Le timide ou réservé pianiste imprime une vigueur peu commune, une ardente fièvre à des compositions aussi connues.  Intime et lyrique dans son déroulé, solaire oui, et ce n’est pas faire de contresens puisque la musique de Bill Evans peut aussi vous chavirer de bonheur, car elle touche body and soul ! Ce ne sera donc pas tout à fait un remède à la nostalgie mais à la mélancolie. 

Des reprises particulièrement réussies, brillantes, prétextes à invention et à une jouissive communication! Si ce “Turn out the stars” des plus énergiques swingue réellement, ça danse sur “Very early” avec un piano clair, dégagé, heureux. Et sur le merveilleux “Waltz for Debby”, pianiste et contrebassiste dansent véritablement, l’un contre l’autre, épousent vraiment les contours de cette mélodie avec chaleur. On attend les passages obligés mais dans l’oeuvre immense du pianiste compositeur, tout ne l'est-il pas? “Nardis”, “Blue in Green” et “Waltz for Debby”, sans compter le déchirant “We will meet again” que le solo de Diego Imbert renouvelle totalement.

Quand on aime passionnément Bill Evans, on ne peut qu’être touché par cet Interplay sobrement intitulé, ce véritable “labour of love” qui, quarante ans après la disparition d'un musicien génial, constitue une forme renouvelée de tombeau avec tout le respect et le talent de Diego Imbert et Alain Jean-Marie. Merci à eux!

NB: Notons enfin les nécessaires notes de pochette de l’ami Pascal Anquetil, toujours aussi pertinentes

Sophie Chambon

 

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