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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 10:37

Ce 18 septembre 2001 restera dans la vie de Martial Solal (94 ans aujourdhui) comme le jour le plus long… Levé à 4 heures du matin à son domicile francilien, le pianiste s’est couché 24 heures plus tard. Le temps de traverser l’Atlantique et de donner un concert au prestigieux Village Vanguard.

Le plus ancien club de jazz de New-York (1934), au cœur du Greenwich Village, avait été contraint à la fermeture (la seconde seulement alors dans l’histoire du lieu après celle décrétée lors du décès de son fondateur Max Gordon en 1989), tout le quartier ayant été bouclé après les attentats du World Trade Center le 11 septembre.
Sa patronne, Lorraine Gordon, avait décidé de rouvrir dès le 14 septembre. L’incertitude persistait sur la venue de Martial Solal, engagé depuis sept mois. Le trafic aérien était interrompu sur l’Atlantique Nord. Finalement, c’est le « piston » qui permettra à Solal d’arriver à New York, une passionnée de jazz travaillant à Air France réussissant à obtenir des sièges au tout dernier moment.

 

Martial Solal, pianiste singulier, pouvait, à 74 ans, réaliser un de ses rêves, enregistrer au Village Vanguard. Il avait choisi pour l’accompagner deux représentants de la jeune génération, le bassiste français François Moutin et Bill Stewart à la batterie. Le bouche à oreille fonctionne chez les fans de jazz et le Vanguard affiche complet en fin de semaine pour l’enregistrement de l’album (‘NY-1 MARTIAL SOLAL Live at The VILLAGE VANGUARD’. Blue Note.2003).  Dans ce lieu mythique, toute une jeune génération découvre un jazzman unique et qui plus est européen. Pour Martial, c’est le couronnement de sa carrière et aussi un petit pincement au cœur de retrouver New York où il avait joué cinq semaines de rang en club (au Hickory House) … 38 ans plus tôt ! Les américains auraient bien voulu alors que « Mister Solal » s’installe chez eux, dans « la Mecque du jazz », mais le pianiste préfèrera revenir à Paris et mener une carrière indépendante de toute contrainte artistique ou commerciale.

 Un récit plus détaillé figure dans « Ce jour-là sur la planète jazz » de Jean-Louis Lemarchand (éditions Alter Ego . 2013) qui propose plusieurs dates-évènements tels que l’enregistrement d’Ascenseur pour l’échafaud (1957) ou le concert de Charles Mingus Salle Wagram (1964)..

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

©photo X. (D.R.)

 

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