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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 14:52

L’année 2021 s’achève sous de bons auspices pour Yakir Arbib. Une situation pas si courante dans la jazzosphère en ces temps de crise sanitaire. Explications. Après deux soirées au Sunset, le pianiste israélo-italien vient de se produire salle Pleyel lors de la soirée annuelle de TSF. Certes, sa prestation était ce 13 décembre limitée à six minutes, le temps alloué à chacune de la quinzaine de formations invitées. Mais sa composition, Yellow Sonata, présentée ce soir-là, « tournait » depuis quelques semaines sur la playlist de la radio « 100 % jazz ». Un signe de reconnaissance pour un musicien arrivé à Paris voici près de trois ans et qui a déjà publié deux albums chez Jean-Marie Salhani (JMS), le premier en solo « My name is Yakir »(2020) et le second, « Three Colors » en trio avec Roberto Giaquinto (batterie) et Chris Jennings (basse) en novembre 2021.

Yakir Arbib n’est pourtant pas un nouveau venu sur la scène jazzistique. A 19 ans, le pianiste était couronné en Italie par le prix Massimo Urbani avant une tournée aux Etats-Unis et une session au Berklee College de Boston. treize ans plus tard, lui qui a vécu dans cinq pays différents se trouve heureux d’être en France, « le pays où les musiciens, les artistes en général sont respectés » et de vivre à Paris, « une métropole mais pas immense » et où, souligne Yakir Arbib, aveugle de naissance, « les gens m’aident dans la rue ».

Côté expression artistique, le pianiste évoque pêle-mêle comme influences Jean Sébastien Bach, Charlie Parker, Art Tatum, Schoenberg ou Brahms. « A 15 ans j’étais obsédé par Erroll Garner et à 18 par Bill Evans, mais aujourd’hui, j’écoute aussi bien Elliot Carter, compositeur contemporain américain (1908-2012) que Brad Mehldau ou encore Eminem qui déploie un vrai sens rythmique ».


Une approche sélective qui le conduit à effectuer « une synthèse personnelle de la musique classique et du jazz, deux genres essentiels pour moi » dans son jeu comme dans ses compositions (8 des 10 titres joués dans son dernier disque). Yakir Arbib refuse de se laisser « enfermer » dans un style. Et le solo demeure son exercice préféré, « là où je me sens le plus libre, le plus évident, le plus naturel, où je peux changer de rythme, de styles en cours de jeu ».


La complicité n’en est pas moins la règle avec le batteur Roberto Giaquinto, un compagnon régulier d’une dizaine d’années, ou, plus récemment avec Chris Jennings, un bassiste choisi à Paris (« un son profond et une connexion avec la musique orientale »).

Yakir Arbib : The Pink Kasbah

 

Quid de 2022 ? Au-delà des concerts escomptés, Yazir Arbib travaille à deux projets de composition, une sonate pour piano et violoncelle avec Vincent Segal, et une œuvre pour harmonica de verre destinée à Thomas Bloch, l’un des rares interprètes de cet instrument, une commande de l’institut culturel italien de New-York. Deux preuves supplémentaires de l’éclectisme de ce musicien, assurément l’une des révélations de l’année qui se clôt.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

Yakir Arbib featuring Roberto Giaquinto (batterie) et Chris Jennings (contrebasse), ‘’Three Colors’’.
Studio de Meudon, juin-juillet 2021.
JMS/PIAS.
www.disquesjms.com

 

 

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