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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 22:49

Franck Tortiller (vibraphone, arrangements, composition), Patrice Héral (batterie, percussion, voix), Vincent Tortiller (batterie), Jérôme Arrighi (guitare basse), Matthieu Vial-Collet (guitare, voix), Olga Amelchenko (saxophones alto & soprano), Maxime Berton (saxophones ténor & soprano), Gabriel Rachel Barbier-Hayward (trombone), Joël Chausse (trompette, cornet, trompette piccolo)

Maisons-Alfort, sans date

Label MCO 14 / Socadisc

 

Plus de 15 ans après l'album «Close To Heaven» (Le Chant du Monde, 2005) de l'Orchestre National de Jazz qu'il dirigeait alors, Franck Tortiller revient vers l'une des passions-rock de ses jeunes années. Pour le chroniqueur chenu que je suis (j'ai quand même 14 ans de plus que le vibraphoniste-chef d'orchestre), Led Zep' c'est un souvenir lointain de l'année de mes 20 ans (1969), avec un premier disque qui m'a surtout marqué par deux reprise de blues (Willie Dixon, comme l'avaient fait 4 ans plus tôt les Stones pour leur premier album). Mais j'ai quand même écouté la plupart des disques de Led Zeppelin chez mes potes, moi dont le discothèque contenait 80 pour 100 de jazz, quelques disques des Animals (à cause des reprises de la musique afro-américaine), et aussi Nougaro, Ferré, Janis Joplin, Bach, Beethoven, Liszt, Debussy, Stravinski & Bartók....

Autant dire qu'en voyant revenir un programme consacré à ce groupe, j'ai scruté le rétroviseur. Et j'y ai vu que Franck Tortiller, s'il joue dans ce nouvel album des titres de 7 des 9 albums du groupe britannique, ne rejoue aucun des titres de Led Zeppelin choisis pour l'album ONJ de 2005. Il reprend en revanche sa composition Moby and Moby, inspirée par un titre du deuxième album du groupe. Sa version est d'ailleurs très elliptique si on la compare à sa source très blues (hard) rock. Pour les titres repris du groupe, le résultat est saisissant : c'est assurément une reprise jazz, orchestration et solistes compris, dans un arrangement qui repose sur l'exploitation des accents des thèmes d'origine, et semblent aussi inspiré par le drumming si particulier de John Bonham, avec en prime quelques saillies vocales de spoken words très syncopés. Et une alternance de frénésie rock, de fines orchestrations et d'échappées mélodiques. Comme chez le groupe inspirateur, contraste entre le dur et le tendre, le rugueux et le mélancolique. Going to California se voit paré de sonneries monterverdiennes, et l'on chemine ainsi de surprise en nostalgie. Jouissif, non par passéisme, mais par esprit prospectif. Il faut dire que l'orchestre, qui compte en la personne de Patrice Héral et Joël Chausse des partenaires historiques de Franck Tortiller, se compose pour le reste de ses membres de jeunes gens dont les parents devaient être encore à peine adultes quand le groupe d'origine s'est éteint avec la mort de son batteur, en 1980. Bref on tire son chapeau à cette belle réussite !

Xavier Prévost

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L'orchestre sera en concert, avec ce programme, le dimanche 20 mars, 17h30, à Paris au Pan Piper

 

https://www.facebook.com/franck.tortiller.vibraphoniste/videos/3056910911215740/

 

https://www.francktortiller.com/project/back-to-heaven-led-zeppelin.html

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