Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 16:02

SEBASTIEN FARGE : « Origines »Laborie Jazz 2022

Sébastien Farge (acc, arr, compos), Amaury Faye (p), Gautier Laurent (cb), Francis Arnaud (dms) + Karen Jeauffreau (vl), Pauline Hauswirth, Marin Reimann, Jacques Gandard, Matilda Daiu, Julien Gaben (alto), Florence Hennequin (cello)

 

Posons les choses, tout d’abord : Sebastien Farge est avant tout un accordéoniste exceptionnel, reconnu par l’ensemble de la profession et auréolé en 2015 du grand prix du disque « Gus Viseur ». L’accordéoniste a cet art de nous toucher par la légèreté aérienne de son jeu et son sens aérien de l’improvisation. 

Mais avec Sebastien Farge c’est surtout de souffle dont nous voudrions parler ici.

Car avec cet album (« origines ») c’est bien de souffle dont il s’agit. Du souffle d’une écriture grandiose. Du souffle du vent des émotions qu’elle procure. Du souffle des tempêtes maitrisées et des tendres baisers.  Il y a du volume, de l’ampleur dans cet album qui s’expriment avec une grande et belle générosité du dire, du jouer, de mettre en mouvement. Pas d’effets ostentatoires dans cette musique mais, encore une fois du souffle. Parfois c’est une tendre mélancolie qui puise dans les classique (Bach avec Concerto indigo) ou qui s’inspire de mélodies simples auxquelles il apporte une forte densité émotionnelle (Boîte à musique). Toujours, la musique de Sébastien Farge s’interdit toute linéarité simpliste et ouvre des portes, sans cesse ( Insomnies).  C’est un peu chez l’accordéoniste comme si l’on se trouvait dans une pièce inconnue et que l’on ouvrait des tiroirs tout aussi inconnus pour y découvrir des secrets enfermés. Et cette pièce devient alors une chambre, une chambre des rêves, des merveilles et des enchantements.

Mais il y a plus que cela encore. Il y a cette mise en mouvement d’un ensemble orchestral qui fonctionne à merveille. Son entente avec le pianiste Amaury Faye y apporte un jeu de contraste lumineux. Les cordes sont là parfois pour donner à cette musique, qui n’est jamais symphonique, un nouvel espace vibrant. Et les pièces de l’engrenage mettent le musique en mouvement. Harmonieusement.

On suit cet album en tentant de ne pas chavirer. La charge émotionnelle y est forte. Mais n’est-ce pas ce qui fait la grandeur de la musique ?

Jean-Marc Gelin

Partager cet article
Repost0

commentaires