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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 08:37
24eme Avignon Jazz Festival

31 juillet au 5 août 2015

Cloître des Carmes

De retour à Avignon début août après la frénésie festivalière et une très belle 3ème édition de Têtes de Jazz pour un rendez-vous qui me tient particulièrement à cœur, le festival et le Tremplin européen Jazz d’Avignon.

www.tremplinjazzavignon.fr

Une première soirée très contrastée (Dimanche 2 août)
Die Fichten : Leonhard Huhn (sax alto), Stefan Schönegg (contrebasse), Dominik Mahnig (batte
rie)

La coutume veut que le groupe lauréat du Tremplin de la précédente édition, se voit offrir l’enregistrement/le mixage au fameux studio de la Buissonne, à Pernes les Fontaines et une première partie de soirée du festival. Le trio allemand de Die Fichten (« sapin »ou « épicéa) confirma pleinement la promesse faite l’an dernier dès la présélection. Heureux jury dont le choix était ainsi validé comme l’écrivait Frank bergerot de Jazzmagazine : « Le batteur Dominik Mahnig ajoutait à la référence konitzienne défendue par le leader ce sens du zapping qu’apporta John Zorn dans l’improvisation, le tout avec une cohésion de jeu et une dynamique de nuances sur des structures extraordinairement complexes».

Car après une année de travail, les jeunes musiciens de Cologne ont affiné leur pratique et gagné en maturité. Leur jazz est pur, d’une fragilité ténue (ils jouent tous trois très resserrés et sans aucun retour) ; il allie prise de risque, équilibre gracieux, interplay intelligemment compris et humour avec quelques effets assez spectaculaires du batteur. Un jazz de chambre subtil qui évoque, plus par l’esprit que par la lettre, le Jimmy Giuffre d’avant qu’il ne joue free…Le saxophoniste alto, très visuel dans ses contorsions, présente les compositions aux titres souvent hermétiques (une histoire de poux qui explose, par exemple) mais l’humour diffère d’une contrée à l’autre et le trio semble pratiquer « non sense » et fantaisie anglo-saxonnes. Mais on se laisse aller au plaisir du jazz, de cette musique qui advient, dans l’instant, jusque dans la version fraîche et dépoussiérée de «On the sunny side of the streets». Un groupe à suivre désormais.

Guillaume Perret & The Electric Epic
Guillaume Perret (saxophone, effets), Yoann Serra (batterie), Nenad Gajin (guitare) et Laurent David (ba
sse)

J’aurais aimé pouvoir écrire que le spectacle Electric Epic de Guillaume Perret était d’un groove troublant, une musique sombre, gothique (surtout en regardant la tenue vestimentaire du bassiste Laurent David, tout droit sorti d’une saga viking hard rock/heavy metal). Non que le groupe de Guillaume Perret ait versé dans un rock mélodique et consensuel, mais il n’y eut pas cette orgie de rock, punk, jazz métal, cette fusion organique qui emprunte aussi à l’éthiojazz de Mulatu Astatke, auxquelles je m’attendais, même si la scénographie nous y invitait. La batterie de Yoann Serra montée sur un praticable, derrière le mur des guitariste, saxophoniste et bassiste en ligne frontale était impressionnante avec un jeu de lumières, lasers et stroboscopes, le Cloître des Carmes transformé en dance hall plus qu’en club de jazz. Pourtant, les compos n’étaient pas vraiment dansantes, mais suffisamment amples pour faire entrer en transe une partie du public, alors que le volume sonore habituel (très fort et supportable dans des espaces de pleine nature), pouvait faire fuir le reste.

www.youtube.com/watch?v=ImFH8qCjxZ4

En fait, pour dédouaner le saxophoniste qui faisait triste figure, nous sentîmes assez vite qu’il y avait des soucis techniques, incompréhensibles pour le profane, de l’ampli ou des micros dans le bec ou le pavillon du saxophone électrifié. La technique est toujours impressionnante… à condition de fonctionner. Alors la batterie d’effets introduit du groove à défaut de sensualité. On put cependant retrouver en fin de concert un peu de cette qualité, de cette émotion ressenties à l’écoute du disque, comme dans l’article enthousiaste de Jean Marc Gelin :

www.lesdnj.com/article-perret-brule-t-il-124694720.html

ou encore ici

www.lesdnj.com/article-guillaume-perret-the-electric-epic-104012228.html

Après cette première soirée épique, le tremplin allait pouvoir commencer…

(A suivre)



Sophie Chambon

Gaetan Ortega

Gaetan Ortega

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Published by Dernières Nouvelles du Jazz
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