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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 23:10

CAMJ7793-2b2.jpgJJJ SCOTT COLLEY : « Architect of the Silent moment »

cAM jAZZ 2007

 

A 44 ans, Scott Colley est aujourd’hui l’un des contrebassistes les plus demandé de la scène d’Outre atlantique. Ceux qui ont suivi son parcours ont pu l’entendre avec Chris Potter, Dave Biney, Goeffrey Keezer, Fred Hersh, Greg Osby ou Adam Rogers parmi tant d’autres qui sont l’incarnation d’une nouvelle génération dorée du jazz américain que l’on retrouve en partie ici pour un casting de rêve qui, sans faire de name dropping regroupe une base solide avec Ralph Alessi à la trompette ( qui fait un peu figure de vétéran), Craig Tanborn au piano et Antonio Sanchez à la batterie ( ce dernier, un sacré client !). Et pour autant alors qu’un tel all-stars pourrait faire craindre un certain endormissement sur de si jeunes lauriers, tous les acteurs de cet album démontrent à l’envie qu’ils ont bien d’autre chose  faire qu’à s’assoupir. Au premier chef, Scott Colley lui même dont on a eu l’occasion d’apprécier maintes fois le jeu si discret et solide et qui s’est attaqué ici à l’écriture de thèmes à la construction remarquable dont la maître mot, l’architecture, n’est point savante mais ici redoutablement efficace. Car s’il est des contrebassistes qui lorsqu’ils font des albums sous leur nom n’ont de cesse que de vouloir toujours passer devant pour devenir un peu soliste, Scott Colley affiche une toute autre conception. La sienne repose tout entière sur l’assise rythmique qu’il partage avec Antonio Sanchez dans des formes au cerescendi irrésistibles, toujours en assise de soliste qui atteignent avec eux une rare mise en lumière. Une sorte de rythmique éclairante ! Et à ce jeu la prestation de Antonio Sanchez à la batterie (le batteur de Metheny que les français ont pu récemment entendre avec Manuel Rocheman)  est proprement ébouriffante. Véritable batteur caméléon capable de se mouvoir du percussionniste au coloriste fin.

De cet album on retiendra quelques beaux moments. Comme les envolées de Grégoire Marret à l’harmonica

Qui rappelle ses chorus inspirés lorsqu’il joue avec Metheny. De même que l’on a eu un coup de cœur absolu pour ce merveilleux trompettiste qu’est Ralph Alessi dont les incises démontrent toujours une rare chaleur de l’instrument et une énergie fougueuse. Tous forment corps dans cette musique qui puise autant dans l’esprit de la musique de Weather report, de Metheny ou encore du Miles de l’époque Wayne Shorter mais en donnant à cette musique toujours acoustique un sérieux coup de booster comme en témoigne l’admirable From Within qui donne l’occasion à David Binney de délivrer un incroyable solo de Soprano ou à un Window of time, véritable pièce maîtresse de l’album de faire tourner des pattern irrésistible et de terminer sur le son trop rare dans l’album du guitariste Adam Rogers toutefois un peu timoré. Et c’est peut être le seul regret  l’écoute de ce vivifiant album. A entendre l’inhabituelle réserve de Jason Moran on aurait peut être attendu des solistes invités qu’ils mordent un peu plus dans leur instrument, se lâchent et suivent d’une même voix celle tracée par Ralph Alessi et par cette belle rythmique. On aurait alors atteint des sommets que l’on a pourtant avec bonheur, approchés ici de très près.

Jean-Marc Gelin

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Published by Jean marc Gelin - dans Chroniques CD
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