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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 07:55

 

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Avec Max Roach, c’est un nouveau pionnier et témoin de l’évolution du jazz qui disparaît. A la fois tenant de la tradition par sa formation et garant de la révolution par ses expériences musicales, ce percussionniste exceptionnel a permis à la batterie de passer d’un rôle de pure rythmique à celui d’instrument à part entière au sein des formations de jazz. L’expression musicale des percussions prend avec lui tout son sens.

 

Né le 10 janvier 1924 Max va très vite intégrer les bases de la musique qui guidera sa vie. Sa mère est chanteuse de Gospel et il est bien sûr bercé très tôt dans la musique quand il l’accompagne dès 4 ans à l’office. Il joue du bugle dans les parades mais dès 10 ans il tient la batterie dans les orchestres de Gospel. Il se forme à l’académie de musique de Manhattan. Il était sans doute déjà excellent car à 16 ans à l’occasion du passage de l’orchestre de Duke Ellington à New York, il remplace au pied levé le batteur Sonny Greer malade. Dès l’âge de 18 ans il écume les clubs de Jazz de la 52 ème et 78 ème rue où il joue avec Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Miles Davis, Thelonious Monk, Coleman Hawkins, Bud Powell, et Miles Davis. Il est avec Kenny Clarke le  pionnier de la batterie Be Bop.

Max Roach tiendra une place essentielle dans les enregistrements de Charlie Parker notamment dans  les plages enregistrées en 1945 pour le label Savoy.

En 1952 il fonde le label Debut Records avec le bassiste Charles Mingus. C’est sous cette marque que l’on retrouvera Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Mingus et Roach pour l’extraordinaire concert Jazz at Massey Hall. Sous cette marque sont également enregistrés les duos « Percussion / Discussion » avec Mingus, libres improvisations contrebasse batterie.

En 1954, il forme un quintet avec le trompettiste  Clifford Brown, le saxophoniste ténor Harold Land, le pianiste Richie Powell le bassiste George Morrow, Land sera remplacé quelques années plus tard par Sonny Rollins. Ce groupe prototype du hard bop sera de courte durée et disparaîtra à la mort prématurée de Clifford et de Richie dans un accident de voiture en juin 1956.

Néanmoins Roach continue d’animer des formations inspirées de ce premier quintet en développant l’utilisation des rythmes en ¾ dans les standards de jazz (Album Jazz in ¾ de 1957). Plusieurs disques essentiels se succéderont :

 

« We insist » en 1960 suite à sa participation à la commémoration du 100 ème anniversaire de la proclamation de l’émancipation par Abraham Lincoln. Ses positions politiques lui valent d’ailleurs d’être inscrit dans les années 60 sur la liste noire des maisons de disques,

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« Money Jungle » en 1962 avec Duke Ellington et Charlie Mingus

« Drums unlimited » en 1966 lui permet d’apporter la preuve que la batterie est un instrument solo à part entière qui peut jouer des thèmes, des variations et des phrases rythmiques cohérentes.

Les années 70 et 80 lui permettent de développer de multiples expériences musicales dans le domaine des percussions soit seul pour des concerts de batterie soit en duo participant ainsi à l’avant-garde et eau mouvement free avec des musiciens tels que Cecil Taylor Antony Braxton ou Archie Shepp. Il crée des formations originales comme le «  Double Quartet » ou le “So What Brass Quintet” composé uniquement de cuivres

 

Il complète son activité de musicien par l’exercice de l’enseignement  à l’University of Massachusetts à Amherst.

Le talent de Max Roach, son extraordinaire contribution à l’évolution de la musique en général et du jazz en particulier  ont été reconnus, bien sûr par le monde des musiciens, il a inspiré et inspire encore de nombreux batteurs. Des instances plus « officielles. » ont également marqué cette reconnaissance du talent d’un musicien d’exception : la Fondation Mac Arthur qui lui attribue un « genius », il est nommé Commandeur des Arts et Lettres et deux fois titulaire du Grand Prix du disque en France, Docteur Honoraire des Universités de Bologne et de Columbia.

Jean-Pierre Foubert


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