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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 07:25

JJJJJ MARIA SCHNEIDER : «  Skye Blue »

http://www.mariaschneider.com/

2007

mariaschneider.jpg On a tous encore à l’esprit le sublime « Concert in the Garden » qui avait littéralement soufflé la critique américaine en son temps. A l’époque la chef d’orchestre avait rompu avec son label pour prendre son autonomie sur son propre site web avec l’aide de la plate forme Artisthare. Le Sky Blue qu’elle livre aujourd’hui atteint un nouveau sommet dans le travail de la compositrice. Une étape de plus franchie là. Car il est vrai que rarement comme ici une musique écrite pour un big band n’aura réussi à porter la musique à ce niveau d’exaltation. Chaque morceau écrit par Maria Schneider pour ce Sky Blue  est très explicite en ce qu’il raconte une histoire très personnelle de la compositrice. Elle exprime avec autant de pudeur que de grâce subtile des souvenirs qui touchent au plus intime d’elle même. Mais ce qui est absolument magique c’est qu’elle semble parvenir avec un génie communicatif à insuffler à ses propres solistes, tous exceptionnels sa propre histoire qui se transforme au gré de leurs propres chorus en véritable ode à la vie.

Car Maria Schneider a encore franchi une nouvelle étape dans son travail. Rarement elle n’a avec autant de grâce réussie cette alchimie de l’expression avec un sens rare de l’arrangement et de l’orchestration ici portés à un modèle du genre. Jamais lourds, ses morceaux extrêmement construits sur la base d’une véritable dramaturgie sont empreints de finesse et de délicatesse et valorisent toujours ces solistes brillantissime qui s’emparent alors motif principal pour en insuffler l’intention et l’intensité désirée.

Dans Pretty road c’est la trompettiste Ingrid Jensen qui nous accompagne sur ce chemin qui mène à la petite maison d’enfance de Maria Schneider et à cette petite colline qui domine ce paysage chéri du haut de laquelle l’enfant qu’elle était alors contemplait ce paysage merveilleux.  Et l’on est alors littéralement submergés par cette exaltation de l’âme. Plus charnel, Aires de Lando est un thème à la structure harmonique et surtout rythmique très complexe issu de son travail au Pérou. Pour s’attaquer à cette forme de tango particulier, son soliste Scott Robinson livre un chorus absolument époustouflant, de ceux qui feront peut être date dans l’histoire de la clarinette. Rich’s pièce est une pièce écrite pour son saxophoniste Rich Perry. Une sorte de climat d’apesanteur, comme un lent glissement sur l’eau plane où l’on est frappés par la finesse de l’orchestration et la subtilité des arrangements harmoniques. Dans Cerulean skies, pièces qu’elle avait interprété lors de son concert à la Villette l’an dernier, Maria Schneider n’a pas peur de la paraphrase et utilise en début du morceau des sons d’oiseaux pour en évoquer leur long voyage migratoire. Ensuite c’est un voyage fabuleux auquel nous assistons, un voyage aussi tempétueux, aérien et nous regardons avec les yeux de ces oiseaux le monde minuscule sous leurs ailes. Encore une fois l’exaltation du beau, de la sérénité, de la souffrance et du courage aussi. Un formidable chant d’espoir et de rédemption vers la terre promise. L’album se termine sur Sky Blue. Requiem déchirant écrit pour la mort de sa meilleure amie. La pièce s’ouvre comme une symphonie et se poursuit par l’ultime et poignant chant-cri d’amour exprimé au soprano par Steve Wilson pour son amie disparue.

Et c’est alors par une coupure  nette que l’album se termine. Presque brutalement, en nous laissant après le silence qui suit la mort les images fortes et inaltérable dans notre mémoire de cet album à l’exaltation merveilleuse et sublime.

Jean-Marc Gelin

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commentaires

Z
Superbe cette chronique du dernier opus de Maria qui est un vrai délice ! L'écriture de Maria Schneider est très belle, je l'a trouve universelle, elle n’a pas peur d’aller chercher la mélancolie pour faire éclore ses sentiments, ceux qu’elle à tant le désir de faire ressentir à ses auditeurs. Ce Sky Blue est un vrai enchantement :o)
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