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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 09:08

JJJ JOHN ZORN: “Six litanies for Heliogbaus”

Tzadik 2007

  zorn.jpg 

 Cela faisait déjà  plusieurs années que John Zorn avait en tête ce projet de litanies autour du jeune empereur romain décadent Héliogabale. Des suites qui s’inscrivent dans un travail qu'il entendait entreprendre avec le chanteur Mike Patton dans le prolongement de ce qu’il fait actuellement autour de Moonchild.
Avec ces 6 litanies dédicacées à  Edgar Varèse, Antonin Artaud et Aleister Crowley (sorte de poète inquiétant de l’occulte), John Zorn joue avec nos nerfs et crée un climat terrifiant qui alterne entre l’ultra violence et les moments d’apaisement démoniaques. On est alors plongés dans l’humanité bestiale et le cri primal où l’hallucinant Mike Patton crie, éructe, vomit, racle et déverse ce qui s’apparente à  l’horreur que l'on a du mal à  entendre en face.
A certains moments des sortes de fées (prêtresses ou vestales) un peu sorcières traversent, fantomatiques, cet espace inquiétant. Mais l'on sait alors que l'apaisement ne durera pas longtemps. Entre des moments de heavy métal lourd, de guitares ultra saturées et d’agression sonore, quelques rires sarcastiques vous glacent les sangs bien au delà  de la bestialité de Mike Patton. C’est alors l’univers de Héliogabale, jeune empereur romain du III° siècle, qui prit la place de Caracalla et qui mena durant trois ans et neuf mois Rome au rythme de ses caprices d'adolescent déjanté, adorateur mystique d’une étrange  pierre noire (l’Élagabal solaire), dont il se fit le grand prêtre, qu’il nous est donné de voir, d'entendre,et d'imaginer dans une sorte de projection sonore extrême.
John Zorn qui n'a jamais caché sa passion pour le hard rock heavy dirige cet ensemble en grand maître des cérémonies pour une sorte d'expérience musicale totalement inédite et effrayante. On est là à la limite du voyeurisme malsain. C’est un peu comme des tableaux de Munch ou de Bacon qui importent moins sur le plan esthétique que sur les sensations qu’ils créent. Sauf que l’on touche ici à une forme de radicalité sans concession qui ne remet pas en question le principe de l’universalité de la musique mais au contraire l’ aborde par sa version la plus effrayante. Les codes sont bouleversés et les limites inexistantes. Saisissant ! 
Jean-Marc Gelin

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