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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 09:27

JJ TIGRAN HAMASYAN TRIO             :  “New era”

Nocturne 2007

tigran.jpg



 
Il y a dans cet album la trace d’une petit génie en devenir. Indubitablement. Et il ne faut pas s’étonner que ce jeune pianiste arménien qui totalise à peine 20 ans, rafle tous les prix de piano jazz dans le monde entier et notamment en 2006 le célèbre prix Thelonious Monk. Rien que ça ! Porté par son élan et son allant naturel, le jeune Tigran aligne son deuxième album en moins d’un an dans une sorte de boulimie à nous monter que l’on va voir ce que l’on va voir et que, attention les yeux (les oreilles surtout !) après nous avoir montré le virtuose l’an dernier on va nous monter le compositeur de génie aujourd’hui. Et force est de constater qu’il y a un peu de vrai dans cette affirmation un peu péremptoire du label. Sauf que si le premier album nous avait séduit sans tout à fait nous convaincre, celui-ci en revanche nous convainc sans vraiment nous séduire tout  fait. Les choix artistiques y sont à notre sens très contestables. D’abord la place d’une rythmique axée sur les frères Moutin, particulièrement brillante voire exceptionnelle mais par trop démonstrative et prompt à en rajouter dans le percussif dès que Tigran lâche les chiens. Une rythmique qui jetterait plutôt de l’huile sur le feu. A tel point que l’on peut se demander si Tigran Hamasyan avec une autre rythmique que les deux frères Moutin aurait fait le même album.

Ensuite la mise en valeur des compositions. La volonté de donner dans le côté ethnique à tout prix, d’amener un joueur de duduk, de donner dans la « démonstration-des-racines-cuturelles-arméniennes » du pianiste comme un étendard brandi au dessus de la tête, ne convainc pas car le pianiste semble alors engoncé dans une sorte de dissymétrie entre jazz et tradition qui revient pour lui à se livrer à un vrai numéro d’équilibriste. Alors certes, le melting pot a du bon et nous vivons à l’ère de la globalisation culturelle et le jazz d’aujourd’hui doit se nourrir de ses influences européennes. Certes aussi les talents d’improvisateur de Vardan Grigoryan sonnent comme le prolongement des recherches modales. A la condition toutefois de ne pas ignorer la ligne mélodique, le blues, le swing et les fondamentaux du jazz. Et c’est bien dommage car lorsqu’il se trouve débarrassé de ce nationalisme jazzistique comme dans Memories from Hankavan and now il fait alors la démonstration de son grand talent d’écriture sur des traces shorteriennes très intéressantes. De la même manière et de façon bien plus subtile l’exercice sur Forgotten world ou sur Gypsyology se révèle particulièrement intéressant et brasse large dans les influences avec la marque d’une très forte personnalité, exubérante et parfois un peu brouillonne. Mais à 20 ans cette personnalité très affirmée est déjà une réelle preuve de maturité et suffit en soi à impressionner.                                              Jean-Marc Gelin

 

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commentaires

M
<br /> <br /> Apprenez à jouer comme lui, après on en reparle...<br /> <br /> <br /> <br />
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J
Alors très bien cet opus de Tigran, ces qualités ne sont pas à remettre en question. Par contre, voila un CD si bien qu'il en est pas mal rentre dedant et au final, l'écoute ne dure pas.Je vais quand même m'y replonger car il y a de très beaux moments.ZPS: Hey dis donc, ca bosse dur par ici, j'ai découvert d'un coup énorment de nouveautés !
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