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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 09:33

JJRichard Galliano – Gary Burton :” Hymne à l’amour”

Cam Jazz 2007


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Il est des rencontres dont le caractère inédit le dispute au magique. C’est assurément le cas avec celle de ces deux fines «lames». Lorsque le plus grand accordéoniste rencontre le plus grand vibraphoniste actuel, il doit en effet logiquement en sortir un album évènement. D’autant que les deux hommes ont un terreau commun, partagent une même passion, celle pour Astor Piazzolla véritable mentor de l’un comme de l’autre. Piazzolla qui disons le tout net est le personnage de loin le plus intéressant de cette production. Piazzolla et Burton avaient déjà travaillé ensemble et déjà eu l’occasion de tester la confrontation de ces deux instruments à l’incroyable richesse harmonique que sont l’accordéon et le vibraphone. Deux instruments si riches harmoniquement que l’on était en droit de se demander comment ils pouvaient bien s’entendre. Et le résultat est à la hauteur de toutes nos espérances curieuses. Car avec le talent d’improvisateurs de ces deux géants, avec la belle intelligence des arrangements qui sont pour l’essentiel signés Gary Burton et la justesse rythmique du jeu de Clarence Penn, véritable pilier de ce quartet, et surtout l’incroyable richesse des compositions du bandonéoniste argentin (à notre sens l’un des plus grands compositeurs du XX° siècle) le résultat est d’une finesse et d’une délicatesse sidérante. Et parvenir avec autant de couleurs harmoniques à tant de légèreté est en soi un tour de force qui exige de la part des deux principaux protagonistes un immense travail d’écoute de l’autre et de respect de son espace musical. Cependant pour ceux qui ont eu la chance d’assister au concert de Pleyel, le résultat est un peu en deçà de ce que la formation produit en « live ». La version que nous avions entendue avec Clarence Penn et Philippe Aerts donnait une rythmique dentelée à un ensemble frémissant. Cette dimension n’existe pas dans la version Cd qui peut aussi bien figer l’auditeur dans ce qui peut être perçu parfois comme un exercice de style un peu trop sophistiqué devant des compositions magnifiques mais assez difficiles (voir la construction de Operation Tango). Au point que les moments inattendus comme Hymne à l’amour, une fugue de Bach ou un morceau plus jazz comme Waltz for Debby viennent apporter un salutaire contrepoint dans une ambiance sérieusement plombée et parfois un peu soporifique. Mais ceux qui auront la patience de prêter une oreille attentive à cette musique exigeante reconnaîtrons alors sans peine l’immensité du travail de Piazzola que l’on doit élever assurément au rang des compositeurs les plus essentiels du XX° siècle. Piazzoloa forever !                                                                                                                                  Jean-Marc Gelin
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