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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 09:37

JJJJ Miles Davis : «  The complete on the Corner sessions »

Columbia 1972 – 1975 ( rééd 2007)

davis.jpg
Après nous avoir gratifié il y a un an environ de la rééédition de «  tribute to Jack Johnson », Columbia relance l’inépuisable filon Miles Davisien en sortant un magnifique coffret de 6 albums censés représenter les sessions comprises entre novembre 1972 et février 1975, soit juste avant que Miles ne disparaisse de la scène et ne choisisse un exil doré qu’il ne rompra qu’en 1980 avec Marcus Miller ( « The man with a horn »).

Ces sessions qui nous sont proposées ne montrent pas un Miles en très grande forme, ce dernier jouant finalement très peu de sa trompette électrisée (il utilise beaucoup la pédale wha-wha) et apparaissant ici ou là pour quelques maigres chorus. Mais là n’est pas la question car même lorsqu’il semble absent, le génie de Miles reste à l’œuvre. Toujours précurseur (à l’époque), toujours dans la construction du son à venir à partir du matériau d’aujourd’hui, Miles s’inspire des sons du jazz-rock, de la funk music et de la pop planante pour construire un univers musical totalement fascinant. Il est vrai que dans cette démarche esthétique qui, reconnaissons le, faisait du surf sur la mode du moment, l‘association de Miles avec la griffe de son mentor et producteur, Théo Macero est, (comme toujours avec Miles) l’histoire d’un ticket gagnant.

La musique ici se déroule au kilomètre derrière un groove sans fin où la place est laissée aux électriques (guitares et claviers) et à la basse de Michael Henderson et enfin à la batterie de Al Foster, éléments fixe de ces formations à géométrie variable (depuis le quintet jusqu’au nonet). Les sax de Dave Liebman ou de Sonny Fortune tranchent dans le vif et Miles navigue entre grincement et feutre. Il s’agit alors de musiques hypnotiques, de tourneries un peu psychédéliques prétexte ouvert à l’improvisation, qui véhiculent avec elles les images de leur époque où l’on imagine des femmes aux robes Castelbajac, des meubles blancs et rond en plastique et des fauteuils «globe ». Tout n’est pas du même niveau et si l’on est séduits par les  vraies sessions de 72 « On the corner », le reste est relativement décevant. Il n’empêche, en créant un univers qui mariait alors la musique sérielle avec les matériaux du moment, Miles contribuait alors à une nouvelle esthétique qui, si elle fut un peu rejetée l’époque, apparaît aujourd’hui comme les chefs d’œuvre de la funk music électrique en devenir.

De quoi se précipiter pour les fêtes de fin d’année sur ce coffret superbe magnifiquement designé où l’éditeur réalise un joli coup tant sur le plan marketing que sur le packaging admirablement stylé et inspiré de la pochette originale de « On the Corner » avec un coffret métallique en relief. Dommage qu’à l’intérieur les liner soient si brouillonnes, à la limite de l’illisible et surtout peu ou mal documentées. Alex Dutilh rapporte dans Jazzman des erreurs de titres (sur Turnaround ou sur Mtume), le CD 6 n’est absolument pas renseigné ni daté, on se perd entre les éditions originales et les masters inédits et enfin les sessions en live enregistrées à Osaka notamment en février 75 n’y figurent pas.

Pas de quoi cependant bouder notre plaisir à entendre en boucle cette musique jubilatoire qui par magie nous ramène autant à hier qu’à ce que pourrait encore être demain.                                                                        Jean-Marc Gelin

 

 

A noter que le site Amazon propose gratuitement un film intéressant émaillé d’extraits de concerts et d’interview autour de ce coffret :

http://www.amazon.com/Complete-Corner-Sessions-Miles-Davis/dp/B000TLMWMO/ref=pd_lpo_k2_dp_k2a_1_img/103-4898513-8717457?pf_rd_m=ATVPDKIKX0DER&pf_rd_s=lpo-top-stripe-2&pf_rd_r=14KXMCDMBDYPKCSTMRB4&pf_rd_t=201&pf_rd_p=304485601&pf_rd_i=B00004VWAF

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