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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 07:28

Le Chant du Monde 2007

Antoine Hervier (p), Costel Nitescu (vl), Yves Rousseau (cb), Yoann Serra (dm), Adrien Moignard (g)

 

Nitescu.jpg


Il faut s’attendre en cette année 2008  à ce que les albums en hommage à Stéphane Grappelli fassent florès dans la mesure où nous célébrons cette année les 100 ans de sa naissance et les 10 ans de sa disparition (1908-1998). C’est le violoniste roumain Costel Nicescu qui ouvre ce bal swing de bien belle façon avec un album qui balance entre compositions originales, mélodies à la manière de Grappelli (Remembering Stéphane, It’s allright with me) et standards de jazz (Nightingale song in Berkeley square ou Nature Boy).

Pas forcément très connu de ce côté-ci de l’Europe où il réside depuis plus de 10 ans, Costel Nicescu est un violoniste qui a évolué en Roumanie auprès des plus grands musiciens de son pays notamment comme premier violon au sein de l’orchestre de Radio de Bucarest ce qui, avouons-le n’est pas rien dans un pays où l’on apprend aux enfants à jouer de  cet instrument en même temps qu’à se servir d’un hochet. Et ce qu’il y a de remarquable chez celui qui tint l’archet dans le groupe de jazz manouche de Tavolo Schmitt ou de Marcel Loeffer c’est qu’il réalise véritablement cette synthèse entre le swing d’inspiration manouche et le lyrisme tsigane dont il ne se départit jamais (pourquoi le ferait il d’ailleurs ?) et qui pointe toujours derrière l’envolée d’une phrase ou dans l’ultime conclusion d’une coda (écoutez la belle ballad for Lleana).  Sur les traces de Grappelli bien sûr ce son si chaleureux et porteur d’émotion, cet art de l’improvisation à la fois virtuose mais jamais dans la précipitation (ce qui est rare chez les violonistes manouches qui tendent souvent à se vautrer dans l’avalanche des triples croches). Sur les traces de Grappelli cette volonté de faire swinguer en diable le moindre bout de phrase sans jamais trop en faire. Prolongement d’un sentiment au bout des doigts agiles. Mais plus que tout il y a le trésor partagé avec le maître Grappelli, cette passion des belles mélodies presque chantantes pour lesquelles chez l’un comme chez l’autre l’on sent effleurer à vif, à fleur de peau en somme, une réelle tendresse.                                               

Jean-marc Gelin

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