Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 07:32

Michel Benita (b, cb), Manu Codjia (g)



Il y a dans le jazz des albums que l’on pourrait qualifier d’album d’atmosphère. Cet album de Michel Benita (aujourd’hui l’un des plus grands contrebassistes français) qui accueille pour l’occasion le guitariste Manu Codjia est en une parfaite illustration. Car ce dont il s’agit dans cet album c‘est une ballade, autant dans le sens musical du terme que dans celui d’un road movie qui nous ferait traverser de grands espaces américains. Empreint de folk et country à la manière de Bill Frisell qui est ici une référence évidente d’un bout à l’autre de l’album, l’ensemble se fonde sur la mise en valeur de mélodies qui semblent justement tirées d’un folk songbook à l’image des deux titres qui ouvrent l’album (Farewell Angelina de Dylan ou Round and round de Neil Young). Les réverbérations de la guitare de Codjia et les rondeurs profondes de Benita (comment ne pas penser à Charlie Haden) s’associent à merveille. Elles nous font voyager des paysages désolés jusqu’aux confins du nouveau Mexique. Les grands espaces sont ainsi balayés du regard. Comme un plan fixe  suivi du regard à la vitre d’un greyhhound (ces bus qui traversent les États-unis), ils évoquent des paysages solitaires animés par la légèreté de ballots de paille dansant au vent et traversant la plaine déserte et sauvage.                       Jean-Marc Gelin
Partager cet article
Repost0

commentaires