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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 07:58

Pat Metheny (g), Christian Mc bride (cb), Antonio Sanchez (dm)



C’est toujours un exercice un peu difficile de chroniquer un album de Pat Metheny sans avoir la tentation d’en parler savamment au risque de lasser notre lecteur. Car Metheny qui, une fois n’est pas coutume revient au trio et à cette forme qui permet l’intimité de l’échange complice semble s’enfermer dans une sorte de bulle, sublime certes mais qui frôle parfois l’autisme. Cela fonctionne toujours très bien. Admirablement même. Metheny livre des compositions d’une incroyable richesse, assez complexes dans la forme mais auxquelles (et c’est la forme de son génie) Metheny semble donner l’illusion de couler de source. Alors Metheny s’empare de ses propres thèmes et s’amuse avec légèreté et élégance à errer  dans les labyrinthes harmoniques tandis que Christian Mc Bride assure la ligne mélodique. Metheny serpente, se faufile à la vitesse d’un lézard sur ces chemins tortueux, joue avec une précision d’orfèvre (Let’s move) fait parfois sonner sa guitare comme un rocker, lui donne aussi des airs de Wes Montgomery, s’amuse sur une petite mélodie simple ou se dépouille de tout artifice lorsqu’il prend la nylon pour rendre un hommage émouvant aux victimes de l’ouragan Katrina. Le problème avec Metheny c’est que dans cette musique, qui est aujourd’hui dans ce qui se fait de mieux, Metheny intellectualise le groove et stylise l’improvisation. L’émotion prend peu sa place et l’on pourra alors selon ce que l’on veut entendre être conquis par la science de Metheny ou bien rester étranger à l’œuvre. L’on pourra aussi se laisser conquérir par cette forme de grâce apaisée ou bien observer froidement cette forme d’esthétique polie. Chacun trouvera alors ce qu’il connaît de Metheny et surtout ce qu’il veut bien y entendre.                       Jean-Marc Gelin
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