Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 07:41

Un film de Fabrice Ardenac et Alexandre Gonin

Artofilms 2008




 

 

Il ne faut pas grand-chose. Juste trois morceaux, trois thèmes du dernier album du Strada sextet de Henri Texier ( Alerte à l’eau paru chez Label Bleu), pour faire un grand film. Tout dépend de l’angle que l’on choisit. Tout dépend de l’approche.

Car le travail que propose ici Artofilms et de ses deux réalisateurs Fabrice Radenac et Alexandre Gonin repose sur l’approche au plus intime des musiciens à savoir leur travail de création collective au cours des répétitions et des ultimes réglages, propositions des uns et des autres avant la présentation en concert. Agrémenté d’interviews des musiciens prises – pour le coup - en dehors du contexte de la répétition, ceux ci s’expliquent sur l’apport de chacun et sur le tramage de ces voix qui donne à ce Strada sextet cette texture unique, cette couleur revendiquée et totalement travaillée. En nous permettant ainsi de voir hors scène le travail de ces musiciens on perçoit mieux l’alchimie que Texier est parvenu à créer avec ces instrumentistes de haut niveau, tous éléments indissociables d’un puzzle si cohérent dans l’approche et dans la compréhension de ce que veux Texier. Trois morceaux travaillés ici : Afrique à l’eau, Valse à l’eau et enfin Reggae d’eau font ressortir la personnalité de chacun et la fusion de tous. Toujours la pâte du maître qui, sans exigence et toujours en connivence avec ses musiciens les emmène exactement au point précis qu’il a en tête. Parce que Texier connaît l’apport de chacun. De Corneloup dont il dit qu’il est la continuation de cette école du post free jazz qui va de Portal à Sclavis et sur qui il se repose pour apporter un zeste de déstructuration. Ou Christophe Marguet, le complice en rythmique. Christophe Marget, le seul à qui Texier n’apporte pas de partition mais dont il peut compter sur sa compréhension des atmosphères rythmiques. Manu Codjia dont Texier dit qu’il est une palette incroyable à lui tout seul apportant autant l’assise d’une basse que celle, mélodique d’un violon. Gueorgi Kornazov, le tromboniste dont la science du contrepoint l’amène à toujours proposer de nouvelles directions au cours des répétitions. Sébastien Texier enfin dont Henri utilise aussi bien sa patte plus légère et lyrique au saxophone qu’à la clarinette.

Les deux réalisateurs ne se contentent pas de s’immiscer dans ce travail mais poursuivent en montrant l’application sur scène et filment alors avec une réelle compréhension du travail demandé, un peu comme s’ils étaient eux aussi partie intégrante du travail préalable, mettant en valeur les parties de solistes en soulignant leur intensité. Le filmage de ce concert n’est jamais fainéant et jamais avare sur la qualité des plans qu’il propose.

Ce travail parle alors à l’intelligence de l’auditeur. Lui offre une clef de lecture inédite. La musique est alors révélée autrement. Quand tout, encore une fois est question d’angle. Jean-Marc Gelin

Partager cet article
Repost0

commentaires