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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 23:03

Compilation 1964-2007 – Act 2008  

 


Pour célébrer dignement les 75 ans du saxophoniste allemand Heinz Sauer (il est né le jour de noël 1932), le label Act a eu l’excellente idée d’éditer cette compilation qui recouvre 44 années d’épisodes musicaux divers et variés, relatant des moments forts de sa carrière. Pour ceux qui ne le connaissent pas, vous allez découvrir un remarquable saxophoniste ténor à la sonorité véhémente et charnue. Heinz Sauer a traversé les folles et libres années 60 et 70 du jazz européen, en n’oubliant jamais la justesse de son jeu et de son propos. Sauer est un musicien qui joue avec une grande force d’expression, habité par l’expressionnisme allemand, il adopte, comme jadis ses compatriotes peintres et cinéastes, un point de vue formel avec des sonorités aux couleurs criardes et virulentes qui attirent l’attention et nous interpellent. Dès le premier titre Now Jazz Ramwong, datant de 1964, vous serez surpris par la modernité du quintet (sans piano) du tromboniste Albert Mangelsdorff (dont Sauer est l’un des deux saxophonistes). Vous comprendrez tout de suite comment cette musique a influencé fortement Henri Texier lorsqu’il a fondé l’Azur Quintet, avec des climats world music assez proches et un chorus de trombone de Mangelsdorff qui nous fait penser à ceux de Glenn Ferris ! Avec Blues Booth en 1970, Heinz Sauer, toujours en compagnie de Mangelsdorff, va nous prouver que l’on peut être blanc et allemand et interpréter le blues de façon aussi convaincante qu’Archie Shepp ou David Murray. Les relectures chaleureuses et vibrantes par Sauer de classiques tels que Round Midnight, Lush Life ou Chelsea Bridge, nous prouvent une fois de plus que la force de son talent s’exprime dans une soif absolue d’expressivité. Après le survol des années 80 et de passionnantes collaborations avec le NDR Big Band, nous arrivons à son récent duo, en activité depuis 2003, avec le jeune pianiste berlinois Michael Wollny (du groupe [em]), qui pourrait être son petit fils !

Leur version très épurée de Nothing Compares To You de Prince, ainsi que les Variations On Redford (morceau inédit, co-signé par eux deux) terminent cet excellent album dans un climat différent, beaucoup plus introspectif et propice à la rêverie.  Lionel Eskenazi

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