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12 mars 2006 7 12 /03 /mars /2006 14:25

 JJJ EMMANUELE CISI: “Urban adventures”  

 Elabeth 2006

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Concernant le  très sympathique label Elabteh, on peut dire deux choses : d’abord qu’ils aiment les saxophonistes. On s’en était rendu compte avec le merveilleux album de Sam Newcombe il y a deux mois et ce mois ci avec Grant Stewart associé à Nicolas Rageau. On pourrait aussi bien dire que le label aime les albums consensuels. Ceux où l’on entend du bon jazz qui résonne entre tradition, évidence des thèmes choisis et une certaine modernité dans le jeu. Et l’album d’Emmanuele Cisi n’échappe pas à la règle. On y retrouve en effet un jazz bop revival servi par un remarquable ténor italien (ah les ténors italiens…).

 

 

 

Car Emmanuele Cisi qu’il soit au sax ténor ou au soprano est un saxophoniste de la nonchalance qui se ballade le nez au vent sur les harmonies des thèmes qu’il compose. On est assez d’accord avec les liner notes de Benny Golson lorsqu’il dit que, l’air de ne pas y toucher, Cisi n’hésite pas à prendre des risques. Là où certains saxophonistes croient s’en sortir en alignant des gammes descendantes suivies de gammes montantes le saxophoniste italien explore sans en avoir l’air toutes les possibilités harmoniques des thèmes qu’il joue avec un sens de la mélodie qui rend évidentes toutes ses compositions. Sur neuf titres il en signe 7 et interprète pour les deux autres un thème de Victor Young pour un superbe Weather of dreams et de Charlie Parker pour un Quasimodo aux arrangements particulièrement raffinés avec une guise d’intro et de conclusion un contrepoint avec le trompettiste niçois, François Chassignite qui semble là avoir été élevé au biberon de Kenny Dorham. A l’opposé d’un Stefano Di Battista qui semble parfois pressé d’en finir, Cisi joue ne se dépêche pas, toujours au fond du temps avec une précision rythmique diabolique à laquelle sa belle section rythmique n’est pas étrangère. Sur deux de ses compositions il ajoute avec un raffinement et une élégance toute transalpine une légère section à cordes. Sur lazy rainy Sunday Cisi fait pleurer le soprano qui devient alors un instrument à la lancinante mélancolie. Cielo Celeste est une composition ultra efficace presque chantante où Cisi fait sonner son ténor comme un alto cristallin. Sur Primaltina le ténor redevient velouté et la composition semble rendre un hommage à Benny Golson alors que le point de départ de La notte delle lucciole est une descente chromatique un peu à la manière de Midnight Sun de Lionel Hampton. Emmanuelle Cisi tout au long de cet album s’imprègne

 

 

 

de tous les styles de ce hard bop calme et posé que l’on trouve parfois chez Joe Henderson, parfois chez Benny Golson et parfois même plus près de nous chez Joe Lovano ( Weather of dream)

 

 

 

L’album de Emmanuele Cisi n’est assurément pas un grand album mais c’est un bon album de jazz. Qui ne laissera certainement pas un souvenir impérissable. Auquel on ne reviendra pas forcément tous les jours. Pas un chef d’œuvre mais un album parfaitement honnête qui donne à entendre un saxophoniste d’une grande intelligence harmonique et d’un sens mélodique remarquablement affûté. Album éminemment consensuel qui a fort peu de chances de décevoir les amoureux du jazz. Dont vous êtes.

 

 

 

Jean Marc Gelin

 

 

 

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