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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 07:26

Bee Jazz – 2008



A la sortie du premier album de Baby Boom en 2003, nous étions un certain nombre à penser que ce groupe était l’un des plus excitants de la scène jazz française. Cinq ans plus tard, ce deuxième album confirme et renforce notre impression. Daniel Humair a modifié l’intitulé du disque (transformant Baby en Bonus) car ces jeunes musiciens (qui ont été ses élèves au CNSM de Paris) ont pris de la bouteille et acquis une sacrée expérience au fil des ans. Ils sont d’ailleurs tous devenu leader (à l’exception de Sébastien Boisseau) et parallèlement au fait que ses acolytes aient acquis de la maturité, Daniel Humair, lui, semble rajeunir de jour en jour et être de plus en plus OUVERT. Cette année 2008 est d’ailleurs exceptionnelle pour lui : il fête ses 70 ans (et 50 ans de carrière !) et a sorti quelques mois avant Bonus Boom (toujours chez Bee Jazz), l’un des disques majeurs de l’année, Full Contact,  en trio avec Joachim Kühn et Tony Malaby. Avec Bonus Boom, Daniel Humair n’a jamais autant mis son talent d’artiste-peintre et de grand cuisinier dans sa musique. C’est un musicien du paysage, du terroir, du rythme mélodique et de la mélodie rythmique ! Son rôle de batteur-chef d’orchestre est ancré dans la terre, il plante ses racines dans le sol et distille et insuffle la vie et l’envie à ses musiciens. L’album est conçu autour du thème du MOOD, c'est-à-dire de la touche, du façonnage, de la couleur et du malaxage de la pâte sonore. De l’humeur et de l’improvisation aussi, dirigées démocratiquement dans un esprit d’équipe (tout le monde apporte ses compositions) et avec les cinq sens aux aguets. Comme en témoigne la magnifique reprise du Mood indigo de Duke Ellington et les deux versions de Good Mood de Joachim Kühn. Humair sait parfaitement bien doser tous les ingrédients qu’il convient pour nous proposer un disque d’une durée parfaite (39 minutes, comme à l’époque du disque vinyle !) avec en pièce maîtresse une très belle composition qu’il a co-signée avec Jean-Pierre Muvien : Vlada V. Sur ce titre énergique, la guitare de Manu Codjia est tranchante, les saxophones aiguisés (magnifique chorus de Mathieu Donarier) et un discret clavier électronique (manipulé par Christophe Monniot) apporte un surplus d’énergie. On ne peut souhaiter à Daniel Humair que de ne rien changer à sa façon unique de concevoir la musique et de continuer à nous éblouir aussi régulièrement de tant de beauté.
Lionel Eskenazi

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