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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 07:50

Aphrodite Records 2008

William Chabbey (g), David Sauzay (ts), Fabien Mary (tp), Didier Ithurssary (acc), Fabien Marcoz (cb), Mourad Benhammou (dm), Charles Bennaroch(dm)



 

 

 Il faut bien reconnaître qu’il y a là une certaine forme d’injustice si l’on en juge par le silence qui se fait autour de William Chabbey qu’il serait pourtant bien légitime d’élever au statut de très grand guitariste de jazz. Ce nouvel album du guitariste entouré de sa garde fidèle et rapprochée donnera peut être l’occasion de réparer cette incongruité et de faire parler de William Chabbey qui le mérite largement. J’ai entendu l’autre jour Alex Dutilh parler à son sujet des traces de Wes Montgomery et l’on ne saurait évoquer d’autres influences plus pertinentes tant il est vrai que c’est bien dans ce sillage là que se situe notre guitariste, amoureux du bop et de la sensualité du maître d’Indianapolis.  Il est aussi une autre référence qui est ici appelée, c’est celle de George Brown à qui William Chabbey voulait ici rendre spécifiquement hommage dans ce disque.

William Chabbey qui se signe toutes les compositions de cet album se situe clairement et sans détour dans la musique qu’il aime, celle du post bop qui aurait pu être éditée jadis par Blue Note dans les années 60. Car on ne découvre pas cette musique ici qui donne parfois des airs de souvent entendu. On la redécouvre juste tout simplement avec toujours autant de plaisir. Un plaisir qui ne fait pas oublier combien il faut de talent pour s’affranchir de sa complexité harmonique et rythmique.

Et le talent est bien au rendez vous. Il s’exprime sous les doigts de William Chabbey impressionnant de fausse désinvolture, de relâchement entre les notes qu’il égrène avec une facilité et une nonchalance déconcertante. Comme s’il n’existait aucune contrainte musicale (ou alors pas grand-chose pour lui). Saisissant de facilité ! Et l’on ne parle pas ici de la vitesse de son jeu car même dans les tempos lents, comme sur ce thème dédié à son père (Super 404), William Chabbey , jamais dans le spectaculaire  maîtrise de manière incroyable l’espace qu’il laisse entre les notes avec une sorte de lascivité très émouvante.

A ses côtés, tombés dans la marmite du bop des sixties, de sacrés musiciens qu’il s’agisse de la sensualité de Fabien Mary (il nous fait penser à Clifford Brown sur Buddy Boy Blues) ou de David Sauzay au phrasé sûr et tranchant. Sans parler de Mourad Behammou dont on a l’impression que Philly Joe Jones lui a filé les clefs il y a déjà quelques temps, aussi présent que solide, une sorte de rythmique « assurance tous risques », prompte à la relance, hyper présent et solide sans jamais se montrer envahissant. Sur la fin de l’album William Chabbey calme un peu le jeu et apporte intelligemment une couleur totalement nouvelle en conviant à la fête l’accordéoniste Didier Ithurssary qui change totalement d’univers. C’est un parti pris artistique assez malin par l’ouverture qu’il donne et le second souffle qu’il trouve. Une vraie réussite Jean-Marc Gelin

 

 

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