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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 08:02

Il y a des mécontents partout. On les entend toujours et souvent beaucoup plus que leurs compagnons d’humanité optimistes et enthousiastes. Et pour le coup nous pourrions aussi faire notre mea culpa vu qu’il nous arrive parfois aux DNJ de nous égarer dans des faux sujets et de brandir des polémiques inutiles. Il y aurait pourtant si l’on prenait le temps de les déguster, matière à se réjouir des bonnes nouvelles.

Samedi dernier le guitariste américain John Scofield que nous avons rencontré lors de la soirée de clôture de 22èmes rencontres internationales de Nevers, nous parlait de son nouveau projet, « Piety Street Band » réalisé autour du blues et des vieux thèmes du Gospel. Parce que la conversation prit un autre tournant, nous parlâmes un moment de l’événement planétaire qui a bouleversé l’ordre du monde ce 4 novembre dernier. Sincèrement, très sincèrement je peux vous dire qu’à ce moment précis de l’interview j’ai senti John Scofield jusqu’ici très pro dans la maîtrise de son discours, perdre pied, submergé qu’il était alors par l’émotion de l’immense nouvelle que représente pour lui l’élection de Barak Obama. On sait combien les musiciens de jazz Outre Atlantique se sont mobilisés unanimement pour le sénateur de Chicago. On sait moins ce que fût leur souffrance pendant 8 ans de représenter une bannière étoilée dans laquelle ils ne se retrouvaient plus. Alors à ce moment précis de l’interview, le sentiment dominant de Scofield était bien au delà de celui de la fierté retrouvée. Il était celui d’incarner avec ce 4 novembre un pays courageux qui était allé au bout d’une démarche dont la puissance au moins symbolique est exceptionnelle. Et je peux vous dire que l’émotion de John Scofield investit comme tant d’autres musiciens blancs et depuis si longtemps dans la musique afro-américaine, cette émotion là, cette fierté incommensurable était très forte ce jour là.

Seulement voilà il y a des grincheux. Le journal « Libération » à peine Barak Obama élu, c’est à dire dans sa « une » du 6 novembre titrait sur les difficultés d’un mandat à venir dont on sait bien qu’il va être l’un des plus pourris qui soit. Mais quoi, ne pouvons nous pas nous poser et célébrer cette nouvelle si bonne, si heureuse pour l’humanité, savourer cet acte de non racisme à sa juste portée et nous donner le temps de poursuivre un peu notre rêve.

Mais voilà il y a des grincheux tout le temps. Une sorte de besoin de toujours tout remettre en cause et de polémiquer là où il n’y aucune raison de la faire. Tenez, prenez l’ONJ version Yvinec que nous avons rencontré ce mois-ci et qui présentait l’autre jour le programme qui sera le sien pour les trois années à venir. Et bien cet ONJ à toutes les raisons de nous enthousiasmer. Courageusement Yvinec a fait le choix d’ouvrir cette formation à de jeunes talents, de jeunes musiciens pratiquement inconnus du grand public, des talents fous aux univers contrastés. Avec un vrai esprit d’ouverture, Daniel Yvinec joue a fond sa carte de directeur artistique, se propose d’aller à la rencontre de différentes formes d’art, de marier des compétences inattendues ( Alban Darche et Billie Holiday), de s’ouvrir aussi bien à la pop qu’au jazz. Bref foisonne d’idées de créations et de rencontres avec une curiosité qui devrait forcément émoustiller la notre. Rien ne nous est dévoilé pour l’heure de ce que sera la forme aboutie de ces projets mais l’on sait qu’ils seront foisonnants. Une autre conception de l’ONJ assurément. Pas matière à faire le grincheux, pas de matière à la critique. Juste à nous laisser prendre par cet esprit d’ouverture et d’accueil. Aller à notre tour à la rencontre d’un monde qui bouge. Sans arrière pensées.

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commentaires

B
Tout à fait d'accord avec ce qui est dit ici.
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J
passionnant article ! pour les grincheux et bien tant pis pour eux, ils ne sauraient nous gacher le plaisir de voir tourner le monde.. sur air de jazz bien sur !!
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