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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 08:20

David El-Malek (ss, ts), Yoann Loustalot (tp, flh), Thomas Savy (bcl, ts), Denis Leloup (tb), Didier Havet (tb, tuba), Eric Dufay (cor), Jules Bikoko Bi Njami (b), Daniel Garcia Bruno (dm, perc).

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Music From Source
du saxophoniste français David El-Malek, aurait pu s’intituler Oriental Brass, car il s’inscrit dans la même démarche musicale, introspective et spirituelle que le célèbre Africa Brass de John Coltrane en 1961. Trane, n’avait pas connu l’Afrique, mais portait en lui les racines profondes de ses lointains ancêtres et arrivait à retranscrire musicalement ses « impressions » africaines. David, a quant à lui, passé son enfance (de l’âge de un an à neuf ans) en Israël, il en a été profondément marqué et il nous restitue les traces indélébiles de ce séjour avec une grande force musicale empreinte de gravité. Dans les deux cas, ce retour aux sources se traduit par une réflexion philosophique et spirituelle, menant à une évolution artistique et à la création d’un projet musical ambitieux. Là où Coltrane avait ajouté à son quartet une imposante section de cuivres et de bois dirigée par Eric Dolphy (une dizaine de soufflants qui ne prenaient pas de chorus), David forme un octet comprenant six instruments à vents (saxophone ténor ou soprano, clarinette basse, trompette, cor, trombone et tuba) avec quatre solistes : El-Malek lui-même, ainsi que Yoann Loustalot, Thomas Savy et Denis Leloup. L’absence de piano (et de guitare) permet l’élaboration d’un travail original dans l’arrangement des instruments à vents, afin de créer une pâte sonore harmonique inédite et savoureuse. La contrebasse de Jules Bikoko sert de clé de voûte rythmique, elle est enrichie par les diverses percussions orientales que Daniel Garcia Bruno maîtrise admirablement. Le résultat est magnifique, sincère, profond et juste et fait de ce quatrième disque de David El-Malek, non seulement son meilleur album, mais l’un des plus importants de l’année. Ici point d’orientalisme de pacotille ou de clichés kitch, mais un savant travail sur l’harmonie qui tisse de subtils liens entre le jazz et la musique orientale. Dix sept titres qui s’enchaînent pour la plupart, pour n’en former qu’un, à l’image d’une mosaïque ou d’une tapisserie. Dès Antiochus IV, on est touché par les envolées lyriques du sax soprano dressé sur un tapis volant rythmique au groove oriental irrésistible. Une certaine gravité surgit de Solomon’s Temple, accentuée par l’intensité dramatique du jeu de ténor de David El-Malek qui contraste avec la joyeuse danse folklorique de Sion (où son jeu est  poche de celui de Sonny Rollins). Enfin Le Livre des Rois, proche de l’univers du Masada Acoustic Quartet, nous fait  tournoyer dans une mélopée pleine de nostalgie où les joies se mêlent aux drames, ainsi que Dead Sea qui termine l’album, et qui curieusement nous fait penser à une composition d’Henri Texier. Lionel Eskenazi

 

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