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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 10:25

Melisse 2008

Issam Krimi (p, synth), Alban Darche (ts), Olivier Koudouno (cello), Jean-Philippe Morel (cb), Nicolas Larmignat (dm)

 

 

 Attention, disons le tout net, grand disque. Nonobstant un titre d’album un peu too much ( c’est quand même parfois agaçant chez ces jeunes cette volonté de vouloir inventer des concepts), choc total à l’écoute des premiers morceaux de cet album. Car on est face d’une sorte d’OVNI musical qui confirme tout le bien que l’on pensait de ce jeune pianiste compositeur dont on sait l’éclectisme (capable par ailleurs de s’accommoder autant d’un univers un peu déjanté que d’un hommage à la chanteuse Barbara comme il l’a fait récemment). Ici tout autre chose. Dans la musique d’ Issam Krimi il y a toujours quelque chose à l’affût, comme caché en embuscade. On reste en éveil, attendant le surgissement, inquiet de ce qui va apparaître derrière le bois, au coin de la ruelle. L’ouverture de l’album est saisissante, forte et lourde à la fois. Mais très vite s’installe une sorte d’entre deux, une rupture inquiétante à laquelle Alban Darche en grand spécialiste du polar vient apporter un surcroît de suspens. L’univers de Issam, très personnel est un univers qui évolue entre celui que l’on assimilerait à celui d’un plasticien (on se promène parfois dans sa musique comme dans une exposition d’art moderne où les œuvres provoqueraient des sensations fortes) ou bien à celui d’un écrivain fantastique à la poésie d’Edgar Allan Poe. Issam Krimi est un  provocateur et un évocateur. Il n‘est que d’écouter ce bien nommé « Asil » où après l’étouffement comme dans une chambre capitonnée, les lignes claires du violoncelle de Olivier Koudouno ( belle révélation) viennent apporter une solution, une ouverture très belle comme une issue vers un ailleurs plus libre. Il y a assurément chez Issam Krimi une vraie démarche artistique Musicalement ce qu’il crée est intelligemment mis en œuvre comme ce mariage plutôt réussi des cordes et du synthé ( La coquine) pourtant pas évident sur le papier. Mais le problème avec une musique aussi forte, qui va chercher dans un registre d’émotions si affirmé et aussi personnel, c’est de tenir la distance. La deuxième partie de cet album développent autre chose, un autre univers où la surprise joue un peu moins. Mais il faudra c’est sûr revenir à ces 5 premiers titres, remarquables de créativité. Cette partie là c’est sûr marquent le début de quelque chose. Issam Krimi est un compositeur avec qui, assurément il va falloir compter . Jean-Marc Gelin

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