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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 06:43

Chief Inspector 2008




Yves Robert (tb), Bruno Chevillon (cb), Vincent Courtois (cello), Cyril Atef (dm)

On trouvera toutes les raisons du monde de s’émerveiller du dernier album de Yves Robert qui, fidèle à son habitude tourne autour d’un concept, cette fois, moins dans un souci de thématique que dans un pur propos musical. A partir d’une formation très exigeante qui associe le trombone à une formule simple : cb (le jeu sublime de Bruno Chevillon)  ou le violoncelle de Vincent Courtois + une batterie (découverte d’un batteur épatant à l’énergie marquante), Yves Robert mise à fond sur la partie rythmique dans une musique particulièrement inventive que l’on pourrait qualifier de post-rock ou post Zappa s’il s’agissait de se raccrocher à quelques références. Des trash rock qui décoiffent (Créative transpiration) côtoient des parenthèses rêveuses (m’as l’air bien dans ta peau). Dans l’univers d’ Yves Robert tout est prétexte à la démonstration d’une dynamique très forte (d’ailleurs d’une manière générale cela joue très fort) prétexte un peu, à l’exposé en pleine poire de la technique sidérante de Yves Robert qui sur un groove terrible est capable de tout faire avec un trombone. Son incroyable maîtrise de l’instrument lui permet une immense palette d’expressivité et jouant ainsi une sorte de comédie humaine avec un humanisme saisissant. Robert le grincheux main dans la main avec Robert le mutin qui passe à Robert le tendre. Sur la base de pattern rythmiques qui parfois souvent envie de danser ou de nous entraîner dans des bandas festives, Yves Robert donne à l’instrument des effets dans les sforzando, dans les rugissements et les explosions tonales (Épanoui, c’est nous, oui ) s’amuse sur des motifs rythmiques plus  simples et utilise parfois le trombone comme s’il soufflait dans une conque (Spirituel frisson).On ne peut donc qu’être épaté par tant d’inventivité musicale, instrumentale et surtout rythmique. Chaque morceau au titre évocateur ou drôle est une pièce d’une sorte de mini comédie à l’italienne avec sa mise en espace et ses ruptures de ton comme des portes qui s’ouvrent brutalement. Il y a derrière la musique des idées fortes. Mais dans la systématisation d’une musique basée sur l’énergie, le système repose aussi sur le refus de tout système mélodique ou harmonique sauf à le porter à dérision comme dans le dernier morceau grotesque (au sens littéral du terme) où les musiciens semblent un peu moquer le chant mais surtout quittent la scène sur un air de fiesta. Mais cela importe peu, le principe de la musique d’Yves Robert repose sur d’autres fondamentaux. Sur une expressivité théâtrale qui s’écoute comme elle se vit. Jean-Marc Gelin

 

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