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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 06:02

ECM  2008

Bobo Stenson (p), Anders Jormin (cb), Jon Fält (dm)

 



Il y a chez Bobo Stenson une double maîtrise. Celle du son et celle du temps. Pour ce 5ème album signé chez ECM, le pianiste bénéficie d’une prise de son tout bonnement exceptionnelle réalisée en Suisse à l’auditorium de Lugano. A tel point que l’on se sent immergé dans l’atmosphère d’un concert où l’on entendrait l’écho des notes sonner dans l’amplitude des salles de concert. Prise de son idéale donc pour ces trois musiciens qui bénéficient de superbes conditions et livrent en retour le meilleur d’eux même. Bénéficient des résonances et surtout d’une certaine spatialisation de la musique. A cette aune là, la maîtrise du temps dont fait preuve Bobo Stenson y est stupéfiante. Le temps que l’on entend ici est celui qui espace les notes, le temps de leur parcours dans l’espace. Cet exercice se révèle au travers de compositions de Stenson. Mais le pianiste avec beaucoup d’intelligence dans la direction artistique du projet va aussi chercher du côté de Astor Piazolla (superbe Chiquilin de bachin tout en nuance dans le contre temps), de Don Cherry (avec un émouvant Don’s Kora song), de Ornette Coleman revisité (A fixed goal) mais aussi du compositeur tchèque Petr Eben  avec un thème merveilleux (Song of Ruth). Avec un réel sens de a continuité et de la cohérence de jeu, Bobo Stenson semble se jouer du tempo quand il joue sur des rythmes argentins ou brésiliens avec grâce et subtilité, joue comme d’autres dansent timidement. Il y a parfois chez Stenson quelque chose des grands pianistes cubains et son interprétation nous ramène parfois à des pianistes de la dimension des Valdès auquel il parvient parfois à nous faire songer.

A ses côtés Anders Jormin écrit à la contrebasse des pages absolument splendides d’assurance, de sens mélodique, d’assise et de profondeur. Quelle entente avec le pianiste qu’il accompagne depuis de longues années ! Si l’album n’échappe pas complètement aux canons esthétiques et à un certain formatage propre à Manfreid Eicher, Bono Stenson ne s’éternise pourtant jamais et ne digresse pas. Sa musique n’y est jamais introspective. Il est grand temps que les pianistes sombres et neurasthéniques prennent un peu de cette graine là.              Jean-Marc Gelin

 

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