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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 08:08

Joshua Redman (ts, ss), Larry Grenadier (cb), Reuben ogers (cb), Brain Blade (dm), Gregory Hutchinson (dm)

Nonesuch 2009


 



Quel pied mes amis, quel bonheur, quelle extase ! Ceux qui ont vu Joshua Redman à la Grande Halle de la Villette le 14 septembre dernier (en quartet acoustique), ont en l’écoutant, bien compris qu’il avait durant cette année 2008, franchit un cap supplémentaire, pour se hisser dans les tous premiers rangs des incontournables géants du jazz. Cet album en trio, quartet (avec deux contrebasses) ou quintet (avec une deuxième batterie), est bien là pour nous le prouver (il a été enregistré quelques mois avant Jazz à la Villette). Son jeu inspiré au saxophone ténor, à la fois énergique et chantant (Faraway ou Insomnomaniac) et ses enivrantes arabesques virevoltantes au sax soprano (Ghost) font mouche à chaque fois. Quelque soit la formule ou les musiciens choisis, nous sommes constamment séduit et comblé. Joshua avait inauguré la formule du trio avec son album précédent (l’excellent Back East), en utilisant trois rythmiques différentes suivant les titres et en incorporant à trois reprises un deuxième saxophoniste (Joe Lovano, Chris Cheek ou son père Dewey). Le niveau musical était très élevé, mais on pouvait éventuellement reprocher à ce disque, son manque d’unité et de cohérence, accentué par le répertoire hétéroclite qui était proposé (des standards, du Coltrane, du Shorter et des compos personnelles). Avec Compass, l’heure est au recentrage et à la cohésion. Tout d’abord tous les titres sont signés par Joshua Redman ou par des membres du groupe (les mélodiques March et Through the Valley sont composés respectivement par Larry Grenadier et Brian Blade), à l’exception d’un morceau, qui s’avère être l’un des sommets de l’album : une sublime version de la sonate au clair de lune de Beethoven (Moonlight), proposée avec deux contrebasses et deux batteries (un comble pour une ballade sentimentale !). D’autre part, sur les six titres joués en trio, il choisit d’associer Larry Grenadier, soit à  Brian Blade (Faraway), soit à Gregory Hutchison (Ghost) et les deux mêmes batteurs peuvent aussi faire équipe avec Reuben Rogers (Insomnomaniac et Un Peu Fou). A la manière d’un cycle, l’album commence et se termine avec un quartet à deux contrebasses : sur Uncharted qui ouvre le disque, Hutchinson tient la batterie et sur Throught the Valley qui clôt l’album, c’est Brian Blade le batteur. Enfin sur cinq morceaux, Joshua Redman nous propose un double trio, c'est-à-dire un quintet à deux basses et deux batteries (une formule du dédoublement des accompagnateurs, chère à Ornette Coleman). Et le plus fort c’est que la musique est tellement subtile, que ce n’est pas évident à percevoir à l’oreille : les sonorités des deux basses et les deux batteries étant  parfaitement bien réparties sur les deux canaux de la stéréo. Joshua Redman innove et se fait plaisir et l’on est bien obligé d’admettre que nous partageons tout au long des 72 minutes de l’album, ce bonheur euphorisant qui nous fait démarrer cette année 2009 sous de bons auspices.

Lionel Eskenazi

 

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