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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 06:52

    Rencontre avec le musicien, fondateur et âme du Méga Octet qui en 2008 aura marqué le jazz hexagonal  ( Django D’or, Choc de l’année Jazzman, Disque D’émoi Jazz Magazine, prix de l’Académie du jazz, Victoire du jazz, Django d’or du Spectacle vivant). Rencontre dans les bureaux du Triton entre deux séances de montage du prochain CD-DVD du Méga Octet

 



Ó Hélène Collon






DNJ : C’est le moment de se souhaiter les vœux pour la nouvelle année. Comment peut-on te souhaiter une meilleure année que celles de 2007 et 2008, sachant que tu as emmagasiné durant cette période, une ribambelle de prix, récompenses et honneurs assez inimaginables ?

 

 

A.E : Je ne sais pas comment expliquer ce qui s’est passé en 2007-2008, mais je constate que pendant des années tu fais un travail, de la manière la plus intègre possible, et que personne ne s’y intéresse. Puis d’un seul coup, on remarque que tu es toujours là, que ton orchestre (le MégaOctet) va avoir 20 ans et que ta persévérance a fini par payer ! L’orchestre, qui n’a jamais beaucoup joué en France, devient de plus en plus demandé. Les prix et les récompenses ont participé à une sorte d’effet boule de neige.

 

DNJ : Cette reconnaissance de la profession, tu l’as vécue comment ?

 

A.E : Lorsqu’aux victoires de la Musique, toute la salle se lève et t’applaudit pendant plusieurs minutes, il faut bien dire que c’est totalement jubilatoire. Je ne sais pas si c’est mérité mais après tout, quand tu fais du bon travail pendant des années, avec comme exigence de le faire le mieux possible et que tu y mets toute ta sincérité, je ne trouve pas ça anormal qu’à un moment donné, on te le fasse savoir. Et puis il se trouve que ça fédère un tas de choses et qu’il se passe des trucs complètement dingue, comme la création de fan-clubs par exemple, ou  la venue aux concerts de gens, comme ceux de mon village, qui écoutent habituellement NRJ ou Nostalgie et ne sont pas habitués à la musique instrumentale et qui me disent : « J’ai rien compris à ta musique, mais par contre j’ai passé un super moment ».

 

 

DNJ : Mais ta musique, elle n’est pas si difficile ! On la comprend mieux et on rentre bien dedans en la voyant sur scène, car elle est aussi visuelle, grâce au talent et au « show » de tes musiciens.

 

A.E : C’est vrai que c’est de la musique qui gagne à être en « live ». Tous les musiciens ont un talent hors du commun, ils se donnent à fond et il y a une véritable alchimie entre eux. Ils sont tous à titre individuel des leaders et des « performers », des « show-men » qui prennent beaucoup de plaisir à jouer cette musique et qui savent bien faire communiquer ce plaisir au public.

 

DNJ : On a vu le groupe sur scène au Triton, au début du mois de septembre, avec un tout nouveau répertoire. Quelque temps après tu enregistrais ces nouveaux morceaux pour un disque à paraître prochainement. Parle-nous de ce nouveau projet.

 

 

A.E : Le triton nous a accueillis en résidence pour cinq jours au mois de septembre où l’on a pu mettre au point ce nouveau répertoire, écrit spécialement pour les 20 ans du MégaOctet. Au début juillet j’avais pas mal la pression car la résidence était signée, les dates de studio réservées et la production lancée, mais je n’avais toujours pas écrit une seule note de musique. Je ne devais pas décevoir après le formidable accueil de West in Peace. Maintenant que les morceaux existent, j’ai du mal à avoir du recul mais tout le monde me dit que ces nouveaux morceaux sont encore meilleurs ! Le disque va sortir chez Naïve après une expérience décevante chez Nocturne, où l’on a d’un commun accord résilié mon contrat d’artiste. Il sortira sous la forme d’un coffret avec un DVD filmé lors du concert du Triton et un beau livret contenant des photos relatant les 20 ans de l’orchestre, ainsi que la liste de tous les musiciens qui ont participé à l’expérience. J’en ai dénombré presque 60 !

 

 

DNJ : Il y a 20 ans, le percussionniste François Verly et le saxophoniste Philippe Sellam faisaient déjà partie de l’orchestre et comme aujourd’hui, tu utilisais déjà un joueur de tuba soliste et un chanteur délirant qui ne chantait pas de texte.

 

A.E : J’ai monté mon premier groupe de jazz-rock avec François Verly en 1976 ! Il y jouait de la batterie. François est un fidèle parmi les fidèles, c’est un percussionniste extraordinaire, ouvert sur toutes les cultures et un excellent pianiste et organiste. J’ai une longue complicité aussi avec Philippe Sellam, nous avons réalisé ensemble un très beau disque en duo il y a quelques années qui n’a pas eu beaucoup d’écho. J’aimerais bien pouvoir le rééditer afin qu’il puisse toucher le public. J’adore les cuivres et en particulier le tuba que j’aime utiliser comme instrument soliste. J’ai d’ailleurs écrit beaucoup de pièces pour le tuba, notamment pour la musique contemporaine. Au début de l’orchestre le tubiste était Michel Massot, maintenant c’est François Thuillier. François fait corps avec son instrument d’une façon incroyable, il a même sauté à l’élastique avec ! Quant aux chanteurs, Médéric Collignon a remplacé Benat Achiary. Ils ont tous les deux le don de pouvoir chanter sans texte et de pratiquer des vocalises assez délirantes.

 

 

DNJ : Au mois d’août, tu enregistrais chez Gérard de Haro à La Buissonne ton projet de piano solo « For Better Times ». On aimerait bien en savoir un peu plus sur ce disque que tu définis comme une œuvre orchestrale pour piano à voix multiples.

 

A.E : C’est une idée de Gérard de Haro qui voulait absolument produire sur son propre label (La Buissonne) un projet de piano solo avec moi, qui serait distribué par Harmonia Mundi. Quand le projet s’est concrétisé, j’ai longuement réfléchi car je ne me considère pas comme un pianiste soliste. Je ne suis pas un interprète, je ne fais jamais de chorus et en plus je ne travaille jamais le piano. Ce qui m’intéressait dans cette idée c’était d’utiliser la dimension orchestrale de l’instrument en travaillant sur le re-recording. Composer une œuvre orchestrale avec un unique Steinway à queue, c’est un challenge qui m’a passionné.

 

 

-DNJ : Tu utilises des sonorités particulières du piano en jouant à l‘intérieur de l’instrument, avec l’aide des cordes, mais aussi en insérant des objets divers ou en tapant dessus. Ce sont des techniques fréquemment utilisées en musique contemporaine. A quel moment de ta carrière t’es-tu intéressé à ces différentes techniques ?

 

A.E : Pour ce projet, j’ai dressé une liste des différentes sonorités que je pouvais utiliser sur le piano afin d’établir mes pupitres d’orchestre ! Ca m’a permit d’écrire chaque partie orchestrale à travers les différentes voies (ou voix) que j’avais à disposition. J’utilise des procédés assez basiques, très éloignés des pianos préparés que peuvent employer des pianistes comme Benoit Delbecq ou Antoine Hervé. Je mets les mains sur les cordes afin de chercher l’harmonique, je tape sur les armatures pour faire des percussions, j’utilise une règle en plastique que je fais trembler sur les cordes pour obtenir des sons d’instrument traditionnel comme le balafon. Avec un toucher particulier, je reproduis le son de la kora avec des notes piquées (comme sur le morceau Crouch, Touch, Enrage). J’ai commencé à chercher ce genre de sonorités il y déjà trente ans. A l’époque j’utilisais un magnéto à bande quatre pistes et suite à une mauvaise manipulation, j’ai enregistré le piano à double vitesse, ça a donné un son de clavecin ou d’épinette que j’ai trouvé intéressant, je l’ai utilisé sur le morceau caché après Let’s Create Together.

 

 

DNJ : Tu vas te produire sur scène pour la première fois en piano solo, comment vas-tu faire ? est-ce que tu vas utiliser des bandes enregistrées, des boucles ou des samples joués en direct live ?

 

A.E : Je commence mon premier concert en solo dans 15 jours et je ne sais toujours pas exactement comment je vais m’y prendre ! Mais je ne veux pas me laisser enfermer dans cette technologie de bandes ou de samples. Je veux être libre et ne pas être prisonnier d’une cage, d’un système. Je pense que le mieux c’est d’arriver en étant le plus vierge possible et de s’imprégner de l’instant, en n’ayant aucune référence en tête. Le tout c’est d’être le plus sincère possible et de jouer au feeling ce que l’on ressent à l’instant présent.

 

 

DNJ : Le projet piano solo, le nouveau répertoire du MégaOctet, des duos, des projets à l’orgue ou avec les Percussions de Strasbourg. Tu ne t’arrêtes jamais, tu es un sacré bosseur ! Comment fais-tu pour gérer toutes ces activités ?

 

A.E : Il faut parler aussi de mon travail pédagogique. La formation est quelque chose qui est aussi très importante dans ma vie professionnelle. Par exemple je forme des professeurs de conservatoire à l’improvisation. Je crée des passerelles entre la musique classique et le jazz. En fait je travaille sept jours sur sept, mais sur trois activités différentes, qui sont essentielles à mon équilibre : la transmission (c'est-à-dire la pédagogie), la diffusion (ce sont les concerts) et l’écriture (mon travail de compositeur).

 

 

DNJ : On aimerait en savoir plus sur tes projets à l’orgue d’église sachant que la personne qui t’a enseigné le piano vient d’une grande famille d’organiste.

 

A.E : Effectivement, mais j’ai commencé à étudier l’orgue il y a un an, dans l’abbaye de Royaumont, dans le nord de Paris, où j’ai été en résidence avec le Mégaoctet. Ils ont retapé un orgue du XIX ème siècle et m’ont permis d’en jouer et d’apprendre à m’en servir. Je vais inviter régulièrement des musiciens improvisateurs à venir jouer avec moi dès l’année prochaine, j’ai déjà contacté Dave Liebman, Guillaume Orti et d’autres. En plus ils m’ont confié le soin d’initier à l’orgue d’église des pianistes de jazz, afin de faire de cet abbaye, un lieu de diffusion où l’on joue du jazz, où l’on improvise.

 

Tu vas donc créer un répertoire pour ce projet ?

 

A.E : Oui, surtout pour des improvisateurs. On va enregistrer avec Liebman, avec Guillaume Orti, avec des percussions…. On m’a demandé de monter des formations pour 2010 pour des jazzmen qui voudraient s’initier à l’orgue classique. Du coup la question pour moi est : comment faire, avec l’instinct pour apprendre à s’apprendre à jouer de l’orgue classique. Et au-delà, l’avantage que j’y vois c’est aussi que ce travail avec les orgues classiques peut contribuer à multiplier les lieux de diffusion pour nos musiques.

 

DNJ : Cela correspond bien à l‘image que l’on a de toi et qui se situe bien au-delà de toutes les étiquettes

 

A.E : Bien sûr mais il faut bien voir que nous sommes le produit d’une génération qui avons absorbé en moins de 50 ans tant de musiques différentes du classique au jazz, du rock à la pop. Des gens comme Denis Badault, Antoine Hervé, Marc Ducret et tant d’autres, nous sommes d’une génération à avoir été à la fois très rock and roll (moi par exemple je jouais les Stones dans les balloches du samedi soir avec mes potes) et à avoir une formation très classique. Avant les années 80 il y avait bien des gens comme Michel Portal qui venaient du classique et qui jouaient du jazz. Mais ils étaient surtout instrumentistes, pas compositeurs. Mais avec cette génération nous sommes les premiers à avoir un background de rock, une formation voire même des prix d’écriture classique (fugue, contrepoint etc…), élèves de Marius Constant (musique contemporaine) et qui ont ensuite été écrire dans le jazz.

 

DNJ : Et tu n’as jamais eu l’idée de faire de la musique classique ?

 

A.E : Mais j’en suis absolument incapable !  Déjà parce qu’il faut jouer. Fondamentalement, je ne suis pas un interprète. Ma professeur était comme on l’a dit une professeur d’orgue. Et heureusement les organistes ont toujours été de grands improvisateurs, alors que les musiciens classiques après Mozart ont arrêté d’improviser. Du coup comme elle me voyait improviser, du genre à jouer « la Lettre à Élise » en Bossa Nova, cela la faisait rire et elle m’a laissé faire. Quand aux parents qui payaient les cours, ils avaient plutôt tendance à râler parce que je n’étais pas fichu de jouer « comme il faut » ! Elle a vite compris que je n’avais la fibre pour cela et comme elle avait deux pianos dans la même salle, on a déchiffré à deux pianos pendant 10 ans et jamais elle ne m’a empêché d’improviser.

 

 

DNJ : Tu as écrit des pièces pour le classique ?

 

A.E : Oui cela m’est arrivé. On m’a fait des commandes et j’ai ainsi écrit pour le classique des pièces pour clarinettes, pour tuba, pour orchestre de cuivres. En ce moment je termine une commande pour un orchestre d’harmonie sur des poèmes kurdes. C’est intéressant de contribuer à cette ouverture. Cela fait 2O ans que je travaille pour des orchestres d’harmonie et il faut bien reconnaître que l’essentiel de leur répertoire est totalement ringard. Le plus moderne c’est West Side Story avec des arrangements pompeux ! Mais l’orchestre d’harmonie c’est une base fabuleuse. Il y a tout là dedans. Avec d’autres on a ainsi constitué un répertoire pour orchestres d’harmonie où tu as du groove, de l’humour, de l’improvisation….

 

DNJ :  A l’ opposé, tu fais aussi beaucoup de duos. On a en tête ceux avec Antoine Hervé, Philippe Sellam, Pascal Contet, Thomas de Pourquery, des projets avec Laurent Dehors.

 

A.E : Cela a commencé avec Antoine Hervé. A l‘époque avec lui et Jean-François Zygel, nous étions étudiants au conservatoire de Paris, en classe d’écriture. Un jour en arrivant en cours j’ai entendu un véritable extra terrestre qui jouait un morceau d’Oscar Peterson, tel quel ! Et moi qui étais déjà fan d’Oscar Peterson je me suis demandé qui était ce gras incroyable, d’à peine 20 ans. On a commencé à sympathiser et on a passé 4 ans ensemble,. Nous étions extrêmement proches. Et l’histoire des duos est partie de là. Quand à Philippe Sellam il était inévitable que l’on en vienne à jouer ensemble. A l’époque c’était sur le label Pee Wee et c’est Vincent Mahé qui a produit cet album que je trouve absolument merveilleux. Il ya un côté très intimiste dans cette relation à deux. Pourtant d’une manière générale je suis très anti-couple. C’est pour cela que je pense que les rencontres à deux sont belles à condition qu’elles ne soient pas définitives. Mais jouer à deux c’est vraiment incontournable. Lorsque tu en arrives à une très grande complicité avec des musiciens avec qui tu as beaucoup travaillé, il se crée des automatismes. Avec Tchamitchian dans le Méga il nous arrive d’avoir dans l’improvisation une complicité ultra forte. Prochainement avec Médéric on va s’y mettre (le 21 janvier au Sunside dans le cadre de la soirée Lauréats des Django d’Or).

 

DNJ : Tu pourrais presque faire des duos avec chacun des membres du Mega Octet

 

A.E : Exactement. C’est ce que je vais faire dans le cadre du projet de Royaumont : orgue et trompette, orgue et sax etc…. Mais pour 2009 j’ai déjà écrit trois répertoires différents et je compte bien maintenant faire une petite pause. En fait ce sont eux qui vont écrire maintenant. Dans le cadre de la commande de Royaumont il y aura une pièce de Guillaume Orti, une pièce de Laurent Dehors, une pièce de Tchamitchian, une pièce de Collignon etc…. C’est eux qui vont écrire le répertoire. Pour une fois j’ai envie que ce soit eux qui écrivent. Parce que beaucoup d’orchestres font leurs propres compos et en fait ils n’ont rien à dire. Il faut pourtant impulser réel un mouvement qui amènerait des compositeurs français à écrire pour d’autres groupes. Ou par exemple monter un groupe dans cet esprit là sans que j’en fasse partie. Je me verrai très bien monter un tel projet avec quelqu’un comme Géraldine Laurent. Un quintet pour lequel j’écrirai mais dans lequel je ne jouerai pas. Il faut accepter le fait qu’il y ait une place à part pour les compositeurs en jazz. Mais c’est vrai qu’il est difficile d’obtenir des subsides pour écrire du jazz. Il y a un vrai problème de différence de traitement avec nos collègues du classique et on obtient dix fois moins pour écrire. La notion de compositeur en jazz n’existe pas vraiment et il faut que cela commence.

 

 

DNJ : Peux-tu nous parler un peu de ton projet avec les Percussions de Strasbourg

 

A.E : En fait ce projet qui associe le Méga Octet et les percussions de Strasbourg ( ils sont 6) a démarré en 2007. On le rejoue chaque année. On l’a fait notamment avec des invités comme Portal ou Élise Carron. Là on va le faire Salle Pleyel toujours autour du même répertoire.

 

DNJ : Le programme s’appelle «  Childhood journey », quel est le concept de base ?

 

A.E : C’est l’histoire du voyage de l’enfance à l’âge adulte. Chaque titre de chaque mouvement dépeint un moment de cette période de la vie : « naissance », « adolescence », etc…. J’avais rencontré Jean-Claude Bernard dans le cadre de Musica à Strasbourg où il jouait. Il a une culture de batteur pop. Il a intégré assez tôt cet te formation mythique (elle a 42 ans !). J’ai pris cela comme un challenge ; je suis alors allé là bas, dans ce lieu où tu peux voir des milliers de percussions, de trucs originaux, des percus qui ont té faites pour Xenakis. Ces gars à ont tout joué, avec tout le monde !

 

DNJ : Comment François Verly peut il s’intégrer à cet ensemble ?

 

A.E : En fait François Verly ne s’intègre à rien mais aussi à tout ! Simplement au lieu de 6 percussionnistes, j’en ai 8 (parce que Éric est aussi quelqu’un qui travaille beaucoup sur le timbre). C’est donc Méga octet + percussions et cela fonctionne très bien.

 

DNJ : Tu penses à enregistrer cela ?

 

A.E : Xavier Prévost était venu en 2006 à banlieues Bleues. On l’a refait aussi à Cergy Pontoise et avec de bonnes conditions de son (Vincent Mahé) et ça le fait carrément.

 

 

DNJ : Toi qui es très proche d’Antoine Hervé et de François Jeanneau, est ce que l’ONJ est quelque chose qui te tenterait ?

 

A.E : Cela m’a effectivement tenté. Je l’ai présenté deux fois mais chaque fois je me suis fait jeter. Je pense que chaque fois il y a eu des influences très politiques. Mais est ce que tous ces musiciens avec qui je tourne aujourd’hui seraient venus à l’époque si le groupe s’était appelé l’ONJ ? Ils me disent que oui. Mais j’y aurai certainement perdu mon identité propre. Du coup je crois que cela a finalement été très bien et m’a permis d’exister au travers du Méga. Maintenant je trouve que l’évolution actuelle de l’ONJ avec un Directeur artistique est une bonne chose. C’est dans ce sens là qu’il fallait aller, un peu à l’image de ce que fait Ars Nova. Pouvoir faire venir tel ou tel chef, tel ou tel compositeur, pouvoir changer de musiciens. Non, franchement je trouve que cela évolue dans le bon sens. En tous cas pour moi, aucune amertume puisque cela m’a permis de faire ce que je fais aujourd’hui.

 

DNJ : Deux mots sur ton prochain projet

 

A.E : Cela va sortir chez Naïve. Il y aura un Cd et un DVD. Ce sera un objet avec une première édition spéciale « 20 ans du Méga Octet ». Il y aura une première série et après 5000 ventes, la série suivante ne comportera plus que le CD seul. Le DVD a été tourné au Triton, le 6 septembre : 52 mn de concert + 30mn environ d’interviews avec des questions très précises posées par Jean-Pierre Vivante où l’interviewé a à peine le temps de réfléchir à la question. Cela donne des résultats parfois incroyables.

 

DNJ : Par rapport à ton travail précédent, il y a une évolution ?

 

A.E : C’est plus écrit je crois. Et puis il y a une maturité qui s’acquiert lorsque tu connais mieux les musiciens, l’écriture, tu maîtrise mieux ton style d’écriture.

 

 

Propos recueillis par Lionel Eskenazi et Jean-Marc Gélin.

 

 

Se ruer absolument sur :

  Andy Emler Mega Octet : «  Dreams in tune » - Nocturne 2004

 

 Andy Emler Mega Octet : « West in peace » - Nocturne 2007

 


 
Andy Emler solo
 : «  For better times » - La Buissonne 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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