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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 21:34

Vents D’EST

Olivier Py (ts, fl), Francis Le Bras ( fender, claviers), Emmanuel Brunet (cb), Guillaume Domartin (dm)

 

 

Le Collectif Vents d’Est créé sous l’égide de musiciens de la région Rémoise, dans le sillage du festival « Djaz » ( Reims Jazz Festival) et des Flâneries musicales, se constitue un bien joli catalogue si l’on en juge par les productions récentes. Il ne serait que de citer le très beau duo entre Daniel Erdmann et Françis Le Bras paru l’an dernier ou encore ce nouvel album d’Alata sur lequel le même Francis Le Bras reste à la manœuvre aux côtés du saxophoniste Olivier Py, d’Emmanuel Brunet à la contrebasse et du batteur Guillaume Dommartin.

Ce deuxième album d’Alata, 4 ans après le précédent pourrait bien être une sorte d’ « album référence » pour Olivier Py tant ce dernier marque d’une empreinte que nous ne lui connaissions pas, ce nouvel opus du quartet. Apparaissant sous un jour totalement nouveau, affirmé, émancipé de ses errances passées, il se révèle dans un format rythmique dans lequel il évolue tel un poisson dans l’eau. A la différence de ce que nous entendions jadis sans être totalement convaincu dans des groupes comme Knock ou Caroline, ici Olivier Py semble au contraire inspiré par la classe actuelle des saxophonistes New Yorkais dans lesquels on range des Donny Mc Caslin,des Dave Binney (Rock) et consorts. Entendre un morceau comme « Fin de partie à Lomé » ou comme Ibrahim résonne comme un jazz très empreint de cette culture transatlantique assez surprenante de la part des acteurs de ce quartet mais totalement convaincante dans la recherche d’un son d’ensemble. Françis Le bras passe ici avec bonheur au fender sur lequel il déroule un tapis harmonique et une assise rythmique élégante et lunaire à la fois, parfois même « churchy » créant des espaces d’impros et des effets électroniques légers dans lesquels Olivier Py peut se glisser avec une gande maîtrise. La réalisation artistique de l’album repose sur des collages où, en temps réel se mêlent des éléments enregistrés et des parties improvisées réalisés avec une grande cohérence artistique ( si l’on excepte toutefois les inserts « world » en début de morceau qui ne servent pas à grand-chose). Au plus près d’un jazz moderne tout en retenue et en maîtrise des subtilités harmoniques, le quartet impressionne par son savoir faire. Moins à l’aise et plus réservé lorsqu’il s’agit de se lancer dans des impros échevelées, il reste sur une certaine réserve, la rythmique dans son ensemble étant assez réticente à lâcher les chiens. Comme par exemple sur ce Lumumba en fin d’album où l‘on aurait aimé que la bande des 4 en oublie toute inhibition pour se transformer un peu en bandits. C’est notre seule réserve pour cet album admirablement construit et réalisé et auquel on adhère de bout en bout .

Jean-Marc Gelin

 

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