Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 07:28

Philippe Gordiani (g), Rémi Gaudillat (tp, fgh), Bruno Tocanne (dm)



Les hommages aux héros de la pop music d’hier font florès et constituent une réelle source d’inspiration pour la musique d’aujourd’hui. Récemment l’ONJ de Franck Tortiller surfait sur la vague Led Zep. Le prochain orchestre national s’inspirera quand à lui de Robert Wyatt. Alban Darche nous promet un répertoire autour de Queen et le prochain album de Pierrick Pedron porte la marque des Pink Floyd. Le rock progressif et psychédélique de ce groupe phare des années 70 constitue en effet une source d’inspiration réelle qu’il s’agisse de l’ère David Gilmor chez Pedron ou de celle de Syd Barrett qui l’a précédée. Et c’est à ce dernier que le trio présenté ici, a décidé de rendre hommage. Philippe Gordiani, guitariste venu du rock retrouve ici deux compères venus du jazz, Bruno Gaudillat trompettiste associé depuis quelques années au batteur Bruno Tocanne au sein d’un autre trio (Trio Resistance). Leur terrain d’entente se situe autour de ce compositeur, génial fondateur des Pink Floyd et compositeur notamment de ce titre mythique, Interstellar overdrive qui donne son nom à leur formation (I-overdrive trio). A partir de ce matériau, les trois hommes réussissent plusieurs tours de force. Rendre vie d’abord à ce répertoire dont ils savent à merveille exalter la parti mélodique mais surtout l’entraîner dans une dimension qui sans être réellement psychédélique trouve ici son originalité. A l’image de la schizophrénie de Syd Barrett, le trio balance entre rock et jazz, entre écriture et improvisation, donnant une énergie nouvelle à ces thèmes magnifiques comme Astronomy Domine ou Interstellar Overdrive par exemple. S’ouvrant sur une saisissante version de Flaming l’album dévoile une parfaite entente de ce trio et surtout une réelle intelligence de l’appropriation et du dépassement de la version originale. Car il est ici question aussi d’une rencontre de deux univers où aucun ne doit y perdre sa personnalité. Celle de Philippe Gordiani vient du rock et apporte par incursion, des touches sombres, loin des envolées des guitares héro mais qui s’ancrent dans l’esprit de la pop music et du parfois du blues. C’est par le guitariste que s’installe la texture, la couleur distanciée. Rémi Gaudillat lui, ne cesse d’album en album de nous emballer totalement et confirme ici tout son talent. C’est lui qui se charge d’exalter la ligne mélodique de ces thèmes bien connus et qu’il porte à l’incandescence. Le guitariste et le trompettiste mettent alors en évidence la structure des thèmes composés par Syd Barrett qui évoluent entre écriture et improvisations qui, chez le guitariste anglais pouvaient se perdre dans une sorte d’infini musical psychédélique mais qui, sans perdre cet espace d’improvisation, trouve ici une sorte de concision poignante. Entre les deux, Bruno Tocanne à la batterie assure un lien rythmique entre jazz et rock. Sans pastiche et sans plagiat, le trio qui pour un tel projet a pris le risque d’une formation iconoclaste, réalise un travail absolument remarquable d’hommage bien au-delà de la restitution. C’est véritablement d’appropriation qu’il faut parler. Car en apportant leur âme à ce projet ils permettent une lecture superbe et différente de l’œuvre de Syd Barrett. A découvrir d’urgence. Jean-Marc Gelin
Partager cet article
Repost0

commentaires