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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 07:16

Verve 2008

Feat. Nick Cave, Keith Richards, Marc Ribot…..

 L’année où l’on rend hommage à Billie Holiday il y a quelque chose de réellement troublant à écouter l’album de Marianne Faithfull. « Lady Faithfull » pourrait on dire. Certes tout a déjà été écrit sur la voix de cette égérie du rock, mais en écoutant cet album là, jamais l’évidence de sa proximité avec Lady Day n’est parue aussi proche, aussi intimement liée. On ne voudrait pas égrener ici tous les mauvais clichés si, en l’occurrence ils n’étaient pas aussi signifiants de la carrière et de la vie de ces deux immenses chanteuses. On connaît leur parcours de vies accidentées. On connaît leurs dérives, les rencontres mauvaises, les excès de substances, les âmes qui s’échouent et les épreuves qui ont été les leurs. Sœurs de cœurs. Sœurs de chant. Toutes les deux, cette voix si typée. Cette personnalité vocale à nulle autre pareille. Cette voix venue de quelques abîmes, effrayante parce qu’insondable. Terrifiante tant elle raconte l’âme et les souffrances indicibles. Ces voix qui ne disent pas les choses légères mais qui traînent avec elles un passé lourd. Lorsqu’elles chantent, toutes les deux, ce sont les mots qui se font accrocher, râper, les phrases qui ripent. Certes il y a chez Billie une justesse et une précision qu’il n’y a plus chez Marianne Faithfull si tant et qu’elle fut juste un jour. Mais l’évidence d’un album comme celui là est de montrer combien une chanteuse peut s’élever bien au-delà en mettant dans son chant autre chose qu’une simple technique. Car Marianne Faitfhfull sait nous bouleverser, nous émouvoir très sincèrement, à en pleurer parfois.

Cet album là est certes remarquablement produit, certaines mauvaises langues diront…. Trop produit. C’est ici Hal Willner, gourou du rock et amoureux de jazz (à qui l’on doit Lou Reed, Bill Frisell, William S. Burroughs, Laurie Anderson, Allen Ginsberg, Tim Buckley) qui prend en charge ce travail admirable. Alors, pour l’occasion il fait appel à quelques jazzmen que nous reconnaissons comme Marc Ribot, Steven Bernstein ou Greg Cohen par exemple. Mais il organise aussi de subtils duos comme ceux avec Nick Cave ou encore un superbe morceau avec Keith Richards. Alors entre chanteuse de jazz et chanteuse de pop, Marianne Faithfull n’hésite pas. She’s the voice. Allant des ballades qu’elle traîne avec langueur comme ce superbe Children of Stone, à la gouaille qu’elle balance, bastringue sur un Easy Come, easy Go, honky tonk décalé, ou encore ce In Germany before the war magnifiquement écrit par Randy Newman qu’elle interprète bien au delà du chant. Et puis il y a les paroles qui lui collent tant à la peau . Un thème sublimissime comme Ooh baby baby écrit par Smokey Robinson aux grandes heures de la soul est repris ici en duo par Marianne faithfull et le chanteur Antony, magnifique d’intention et d’inspiration.

L’année où l’on célèbre la disparition de Billie Holiday, Marianne Faithfull apparaît sur le cover, les bras grands ouverts seule devant son micro, seule dans un instant de grâce,  donne d’elle même une histoire lourde, belle et poignante.  Une merveille d’une force bouversante et terrifiante à la fois. Jean-marc Gelin

 
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