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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 07:57

Mack Avenue 2008

 Il faudra bien que quelqu’un, un jour aille voir Kenny Garrett entre deux ses deux sets à l’Iridium de New York où il a, depuis belle lurette élu domicile pour y  satisfaire des charters de touristes venus là écouter pour 40 $ une minuscule petite heure de set. Il faudra bien que quelqu’un parmi ces touristes là aille le voir et lui rappelle qu’il fut jadis l’un des plus brillants et des plus prometteurs saxophonistes de sa génération. Et il faudra bien qu’on lui dise qu’à force de subir le dictat de ces clubs de la grosse pomme qui ne lui demandent qu’à jouer une musique sans inspiration mais qui, paraît il, plaît beaucoup ; qu’à force de se complaire dans cette musique là, et bien oui Kenny Garrett n’est pas loin d’avoir définitivement perdu son âme. Et ce concert capté en live que nous propose cet album n’est rien d’autre que l’un de ces xième concerts qu’il donne tous les mois à l’Iridium, attraction obligée de New York City. Il y a deux ans nous étions à l’Iridium, Kenny Garrett jouait (forcément) et nous entendions exactement la même chose, its was the same old shit guy ! Et ce n’est pas ici la présence de Pharoah Sanders qui y change quelque chose. A l’exception du premier titre (the ring) où cela joue et groove terrible, premier morceau où pour un peu on y croirait, premier morceau où l’on se dit que l’on a retrouvé le génie du saxophone alto, rapidement s’installe une sorte de bouillie musicale sans grand intérêt. Passe encore pour un bon gros blues qui tâche comme cet Intro to Africa. Mais plus on avance dans ce concert et plus la musique semble tourner sur elle-même, plus Kenny Garrett joue une musique électrique et plus son manque d’inspiration devient évident, plombé en cela par une rythmique qui (c’est bien normal à force de répéter soirs après soirs le même concert) joue avec des semelles de plomb. L’hommage de Garrett dans Sketches of MD essaie de s’installer dans une atmosphère à la Zawinul qui sied mal à nos deux saxophonistes. Puis tout se gâte avec les deux derniers titres, sorte de mélasse « lounge » pour un No Jazz très mou (Wayne’s gang). Et pire encore sur cette clôture qui n’en finit pas de finir où Garrett se croit obligé de reprendre son tube « interplanétaire » ( Happy people) dans une sorte de bouillie musicale dégoulinante. Lorsque sort un album de Kenny Garrett on y croit encore un peu, on espère retrouver le génie d’hier. Mais celui-ci semble vivre sur ses acquis. Alors, à force d’attendre cette renaissance qui ne vient décidément pas, on finit, c’est normal par se lasser. Et depuis lorsque nous allons à New York nous ne nous arrêtons plus à l’Iridium. Parce que le jazz inventif qu’il nous plaît à entendre jouer est définitivement ailleurs. Jean-Marc Gelin

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