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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 07:20

In Circum Girum 2008

 Habitués aux productions discographiques inattendues chez le label indépendant « In Circum Girum », grande est la confusion qui nous emporte lorsque l’on sait qu’écrire quelque chose sur un tel projet musical révèlera forcément d’un manque de sagesse de notre part. Dans « Ecritures du désastre », il s’agit avant tout d’improvisations autour de textes de l’auteur récemment disparu Maurice Blanchot (auteur d’un livre du même titre publié chez Gallimard en 1980), mais aussi Friedrich Nietzsche, Roland Barthes, Sénèque… Sur ce disque, le morceau « Contorsion » fait d’ailleurs l’objet d’un texte improvisé par le comédien Nicolas Senty. Interprété avec une maîtrise exceptionnelle d’un certain impressionnisme avant-gardiste, le background sonore de ces textes est créé par le guitariste Olivier Aude et le technicien des machines Wilfried Wendling. Comme l’indique le sous-titre de cet album, ces « aphorismes philosophiques et improvisations » sont disposés en recueil d’exaltations phoniques, d’escapades alambiquées, de ruptures apocalyptiques. Il n’y aura pas d’analyses de textes dans cette chronique. Il n’y aura pas non plus de simples mots pour décrire la profusion des sentiments qui nous emportent en écoutant ces textes choisis avec autant d’élégance, avec le souci d’interpeller l’auditeur sur des sujets qui touchent l’humanité et sa singularité. La linéarité du ton, au fil des textes, provoque d’ailleurs un effet de transe presque inévitable, ajoutant un poids supplémentaire aux distorsions obsessionnelles mêlées de dissonances toujours plus agressives. Les morceaux ne font qu’en moyenne deux à trois minutes chacun, comme pour mieux coller aux textes, comme pour aller à l’essentiel du message, sans apparats. Et puis impossible de passer à côté de ce travail sur le silence, de ce goût démesuré pour l’abstraite résonnance d’un écho presque omniprésent, ce qui est en quelque sorte le verbe unique de toutes ces conjugaisons de l’esprit. Dans ce disque, il y a du rêve, de la violence, de la magie, du sommeil, de l’envie… Et bien d’autres choses encore, toutes aussi indéfinissables que surprenantes, étant des tranches de vies découpées par la lame aiguisée d’une vision humaniste. Et après tout, ne pas penser. Ecouter. Et vivre. Tristan Loriaut 
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