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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 18:56

Blue Touch 2008

Claire Michael ( ts, ss, as, fl, vc), Jean-Michel Vallet (p, fender), Patrick Chartol (b, cb), Thierry Le Gall (dm)


 

Il est absolument évident lorsque l’on écoute cet album de ce quartet qui fut durant plusieurs années le compagnon de route de Raul de Souza (avant que l’ancien tromboniste de Sonny Rollins ne retourne dans son Brésil natal), que ces musiciens là ont des choses à dire. Claire Michael injustement trop peu connue s’y affiche comme une remarquable saxophoniste au lyrisme très chaleureux. On aime sa façon très suave de s’enrouler autour des notes avec autant de franchise que d’engagement, sur les traces de Michael Brecker dont elle revendique une forme de paternité. Inégale dans ses compositions Claire Michael écrit très bien sur certains thèmes ( Latea Nu ou encore un superbe el Duende ou encore un I’m cool à la simplicité ultra efficace) mais peut aussi se laisser aller à des compositions un peu mielleuses comme ce Somewhere un peu insipide où l’ajout de la voix évanescente de la saxophoniste prend le risque de faire tomber l’album dans un jazz un peu « lounge », très mode mais peu intéressant. Mais quand ils restent dans les idiomes du jazz pur, alors ce quartet montre son visage le plus séduisant. Il n’est que d’écouter un fast and mad dans lequel la saxophoniste affiche un son que pourraient nous envier pas mal de souffleurs de la Grosse Pomme. Remarquable d’autorité et d’assurance la jeune femme sait où elle va et trace une route parfaite. Derrière la rythmique tourne très bien. Ces quatre-là jouent depuis longtemps ensemble et cela s’entend très clairement tant leur cohésion rythmique est parfaite.

Et si l’on regrette que cet album puisse parfois paraître bancal cherchant dans l’électro-funk un peu kitsch une onction des plus jeunes, dont il n’a assurément pas besoin, on en sort néanmoins avec le sentiment d’avoir pisté une grande saxophoniste trop peu connue aujourd’hui et un quartet qu’il conviendra de surveiller. Dignes héritiers d’un jazz qui montre sa très belle vigueur. Jean-Marc Gelin

 

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