Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 22:45

Melbay records - 2007

http://www.jonathankreisberg.com/

 

 Entendu en ce début de mois de mars 2009 au Sunset à Paris au sein du quartet d'Ari Hoenig lors d'une prestation en demi-teinte, le guitariste new-yorkais Jonathan Kreisberg nous propose ici son cinquième album. C'est d'ailleurs avec ce même quartet  - mais à new York en mai 2006 - qu'on avait découvert le guitariste. Ce concert au Smalls dans le coeur du Greenwich Village nous avait enchanté pour ses sonorités modernes et son énergie inventive et témoignait de l'intensité incessante de la frénésie musicale de NYC. Il nous dévoilait un Kreisberg au style moderne qui usait d'effets sur sa guitare et qui ne manquait pas d'allant. Puis, on le retrouvait au Lanterna Café de la rue McDougal deux ans plus tard, toujours à New York, avec Matt Penmann à la basse et Mark Ferber à la batterie - ceux-là même qu'on retrouve sur "The South Of Everywhere" - où il nous montrait son vrai visage: celui d'un musicien adepte d'un jazz main stream classique au jeu influencé par ses pairs contemporains. C'est ce même trio - à la rythmique ferme et implacable – qu'on redécouvre ici accompagné par Will Vinson au sax et Gary Versace au piano. Six très bonnes compositions de Kreisberg sur huit pièces - deux standards dont "Stella By Starlight" dont on se demande ce qu'il fait là car le groupe a du mal à s'approprier le morceau et à en donner une version originales - sont jouées dans le canevas classique "Thème-chorus".

Voici un guitariste de plus, me direz vous?

Pas vraiment en fait. Kreisberg n'est certes pas un innovateur mais son travail est mûr et marquant. Les « conversations » avec Will Vinson sont complexes et ont de l'éclat. De plus, les autres membres du groupe jouent très régulièrement ensemble et répondent parfaitement au cahier des charges de Kreisberg. Cette excellente rencontre teintée de bleu oscille entre une circulation des propos efficace et un lyrisme maîtrisé tendant tout droit vers l'extase pour les amateurs du genre.

Les compositions de Kreisberg se caractérisent par des thèmes mélodieux  - qu'on retient  - sur des structures solides, denses et péchues. Le tout suivant des perspectives linéaires (« straight » dirait on pour les  boppers) arguant entre swing et bop sans cacher quelques motif latins. Enfin, la guitare de Kreisberg sonne de manière originale. Ce guitariste  - autant inspiré par Cream de Eric Clapton et Jeff Beck que par Par Martino – mêle densité et retenue  en privilégiant ainsi le beau son et les belles phrases à l'énergie. Distingué, ce disque se révèle lentement et offre un plaisir grandissant à long terme.

Jérôme Gransac

Partager cet article
Repost0

commentaires