Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 07:25





FUTURA 2009

Alexandra Grimal (ss, ts), Antonin rayon (orgue), Emmanuel Scarpa (dm, perc)



 Il paraît que c’est en regardant son père Egyptologue travailler pendant des heures que la vocation d’Alexandra Grimal lui est venue : « l’idée alors de pouvoir un jour faire quelque chose d’aussi beau que lui». C’est dire tout ce que la jeune femme met d’inspiration et de passion dans son jeu. Et il est vrai qu’en très peu de temps, cette jeune saxophoniste est apparue comme l’un des espoirs du jazz les plus en vue. Il n‘est que de regarder la liste impressionnante de tous ceux qui ont prit goût à partager la scène avec elle aux belles heures de La Fontaine pour s’en convaincre.

Difficile pourtant en entendant cet album enregistré en live au Sunset le 30 juin 2008, de penser que c’est la même Alexandra Grimal qui a pu être lauréat (e) quelques semaines auparavant d’un tremplin «  jeune talent » du côté de Saint Germain des Près. Car c’est un album d’une incroyable maturité dont il s’agit. Un album où Alexandra Grimal fait montre durant tout un concert d’une maîtrise totale de l’instrument et surtout de l’improvisation qui lui permet d’investir totalement l’espace, quasiment seule plus d’une heure durant juste soutenue par une rythmique (orgue/batterie) chargée de donner les couleurs et les reliefs au discours. Alexandra se livre alors à un tour de force aussi musical que physique tant le corps à corps avec son instrument y est intense et engagé. Une logorrhée saxophonistique que l’on entend chez les grands, chez les plus anciens, plus rarement chez les jeunes instrumentistes. On y entend notamment tout le tribut que les jeunes musiciens de sa génération doivent à un Tim Berne ou à un Tony Malaby. Des morceaux très longs sont entrecoupés de petits thèmes courts qui apparaissent comme une sorte de respiration dans un système musicalement très dense. Alexandra Grimal joue alors sa vie sur scène, enchaîne les idées, nuance son jeu, passe parfois d’un saxophone à l’autre et développe sa poétique que l’on suit comme un moment de création spontanée. On est moins sensible en revanche à l’interaction avec ses musiciens dont, on l’a dit, la présence consiste plus à une mise en valeur de la saxophoniste et qui du coup opère très peu. Alexandra Grimal avec cet album affiche néanmoins le talent d’une grande saxophoniste mais aussi d’une musicalité et d’un sens de l’espace et du temps musical dont elle possède déjà toute l’acuité.              Jean-Marc Gelin

Partager cet article
Repost0

commentaires