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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 06:23

PI Recordings 2007

Rudresh Mahantappa (as), Kadri Gopalnath (as), A. Kanyakumari (vl), Rez Abassi (g), Poovalur Sriji (mridangam), Carlo de Rosa (cb), Royal Hartigan (dm)



Cela fait un moment que l’on suit le travail de Rudresh Mahanthappa ce saxophoniste alto américain originaire de l’Inde et qui est certainement l’un des plus original et surtout des plus intéressant du moment. Ceux qui l’ont vu sur scène ont, à coup sûr été saisis par le jeu de ce saxophoniste porté par un flot irrépressible,  dans un jeu qui semble relever d’une question vitale dans une émergence essentielle.

Le travail de Rudresh Mahanthappa est entièrement tourné vers ses deux racines, l’Inde d’une part et le jazz de l’autre. Et c’est tout le sens de sa recherche musicale qu’il mène ici en compagnie de musiciens indiens au titre desquels un autre saxophoniste alto, Kadri Gopalnath. On sait bien depuis Coltrane que les recherches visant à jeter des liens entre le jazz et l’Inde ne sont pas nouvelles. Sauf que la démarche se trouve ici inversée. Car ce n’est pas le jazz qui va se ressourcer en Inde, c’est au contraire la musique Carnatique et le Raga qui viennent trouver une source d’inspiration dans le jazz. Avec pour point commun bien sûr une forme de spiritualité et de transe que l’on retrouve de part et d’autre. Dans un syncrétisme absolument passionnant, Rudresh Mahanthappa toujours dans cette énergie inaltérable livre une musique où il est autant question du jeu que des sons qui se créent dans une volonté de (mé)tissage d’où résulte une musique nouvelle. Les dialogues entre deux saxs alto montrent deux personnalités indiennes de l’instrument révélant deux développements sur la base des mêmes racines. L’apport du violon et du mridangam (sorte de tabour-tabla de l’Inde du Nord) contribue aussi à donner cette couleur particulière à cet album qui évite tous les clichés.  Des moments de transes frénétiques émergent comme ce Snake ! fascinant et hypnotique.

Dans le phrasé et dans le son de Rudresh Mahanthappa on pense parfois à Steve Coleman dont le jeune saxophoniste a dû s’inspirer à un moment. Mais ces influences sont certainement lointaines. Car Rudresh Mahanthappa affiche ici, comme tout au long de son travail une personnalité musicale rare semblant ouvrir enfin des voies au jazz, prolongeant un travail commencé avant lui mais cohérent dans l’Histoire. Jean-Marc Gelin

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