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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 07:24

Le chant du Monde 2009


Cela ne surprendra pas ceux qui ont l’habitude de suivre le travail de Eric Seva et qui ont eu l‘occasion de l’entendre ces dernières années avec l’ONJ de Franck Tortiller : Eric Seva est un saxophoniste de l’engagement total. Et l’exigence qu’il met dans son jeu se transmet inévitablement aux partenaires qui l’accompagnent. C’est particulièrement flagrant ici où son principal acolyte est l’accordéoniste Lionel Suarez avec qui il partage des espaces mélodiques et harmoniques avec passion. Espaces croisés. Des couleurs latines et argentines apparaissent et la tendresse qui émerge de cet album là s’exprime dans l’art de caresser la musique avec exaltation et force plutôt que de l’affronter. On penserait bien sûr à Piazolla si cela n’était pas trop réducteur d’une musique qui ne saurait se cantoner à cet univers-là. C’est parfois très émouvant lorsque la musique se murmure (Espaces croisés) et le plus souvent assumé avec une passion à faire pâlir les hidalgos. Engagement des musiciens dans cette musique percussive, où les notes semblent rebondir. Paraphrase de Bernard Lubat : c’est «  L’heureux-bondit »  ou le rebondi de la pulse qu’apportent ensemble Sax et accordéon appuyés sur une très belle section rythmique. Eric Seva sopraniste exceptionnel, joue d’un instrument de précision avec lequel il dessine un trait fin duquel il dégage une réelle force émotionnelle, puissante, intense. Un discours poétique au charme très sensuel. En fin d’album et de manière totalement incongrue, le charme de cette musique se brise un peu sur une lame plus « funky » venue d’on ne sait trop où (Transit) qui tombe un peu à plat. Le dernier morceau ( Identité vagabonde) conclut avec des bruits de rues lointains , comme une porte qui s’ouvre sur un ailleurs. Le sax en solo semble disparaître, remplacé par d’autres rythmes et par les sons d’une rue étrangère, vivante et vibrante. Une ouverture sur de nouveaux horizons. Jean-marc Gelin

 

 

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