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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 07:02

Guillaume Belhomme

Ed. Le Mot et le reste

Collec. Formes

430p. ; 23 euros

 

 Guillamme Belhomme n’est pas un inconnu dans les milieux du jazz. Ancien collaborateur de Jazz Hot il s’est fait remarquer l’an dernier par un petit ouvrage sur Eric Dolphy paru chez le même éditeur (cf. notre chronique des DNJ). Journaliste aux Inrocks et sur le récent site web « Le son du Grisli », certains l’annoncent prochainement chez Citizen Jazz. C’est dire qu’il connaît son affaire en matière de jazz.

L’ouvrage qu’il présente ici repose d’ailleurs sur l’ambition d’évoquer le jazz au travers de 100 figures, 100 fiches de 2/3 pages chacune présentant 100 « géants » qui ont fait l‘histoire de cette musique et qui  apparaissent chronologiquement selon leur date de naissance. Quelques pages par musicien pour évoquer en quelques lignes un bref rappel biographique (à très gros traits) et livrer une (très) rapide analyse musicale sur leur production discographique. D’où apparaissent alors quelques jugements à l‘emporte-pièce sur tel ou tel disque, ou tel ou tel morceaux sur la base d’un choix totalement aléatoire et subjectif et dont on ne connaît pas réellement ni la grille d’analyse ni ce qui a pu présider à ce « choix sélectif ». Charlie Parker ou Duke Ellington expédiés en 3 pages au même plan que Joe Mc Phee ou Ken Vandermark ! Des points de vue étayés par rien comme celui sur la version de My favorite Things de Coltrane qualifiée de dérive illuminée et celle de Ascension de provocation musicale grandiloquente. Toujours sur la même fiche et à propos de cet album :  « deux prises d’une quarantaine de minutes portent alors aux nues un propos atonal au-delà duquel seules l’imagination et l’honnêteté permettront aux musiciens à venir d’inventer encore ». Comprendra qui pourra.

 

Du coup, et à la différence d’un Dictionnaire du Jazz, ouvrage incontestable s’il en est, cette tentative « balai » et fourre-tout manque sérieusement d’intérêt et de sérieux. Qui plus est ce livre, assez mal écrit (*) qui porte un regard hâtif et surtout trop subjectif ne convaincra ni les érudits (qui savent déjà), ni les passionnés qui préfèreront se faire une idée par eux-mêmes.  Et c’est au final un ouvrage somme toute bien dispensable que votre bibliothèque ne souffrira pas d’ignorer. Jean-Marc Gelin

 

(*) Pour se faire une idée précise de l’écriture, cet exemple tiré de la fiche sur Abbey Lincoln : «  D’autres enregistrements de chansons plaisantes, ensuite, commandées par le label Riverside, qui impose à la vedette la compagnie de quelques musiciens maison, parmi lesquels on trouve Max Roach, batteur qu’elle épousera en 1962 après avoir servi à ses côtés lors des scéances de Freedom Now Suite et Percussion bitter sweet, enregistré sous son nom un Sraight Ahead donnant à entendre aussi Eric Dolphy et Coleman Hawkins, enfin, commencé à s’impliquer dans le mouvement des droits civiques sans chercher à ménager la frilosité des maisons de disques. »

 

 

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