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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 07:54

Zig-Zag 2009

Matthieu Donarier, Tony Malaby (ss, ts), Stéphane Kerecki (b), Thomas Grimmonprez (dm). Septembre 2008.

 

Si vous êtes sensibles aux sonorités amples, foisonnantes et sensuelles du saxophone, si vous aimez être transportés par les polyrythmies du jazz afro-américain (même s’il est joué par des musiciens blancs) et particulièrement réceptifs aux transes euphorisantes de John Coltrane, enfin si vous êtes un peu las des accompagnements harmoniques des pianistes de jazz, alors n’hésitez surtout pas à vous procurer ce magnifique troisième album de Stéphane Kerecki. Une aventure musicale hors du commun vous attend, portée par deux formidables saxophonistes : le français Matthieu Donarier et l’américain Tony Malaby, jouant tous les deux du ténor ou du soprano suivant les titres. Stéphane Kerecki a eu l’idée géniale d’utiliser ces deux souffleurs, au jeu fort différent, à travers une ligne  mélodique continue, jouant à l’unisson ou en contre-chant et proposant des chorus très inspirés. C’est une bien belle trouvaille que de mettre ces deux singulières sonorités sur la même longueur d’onde, celle de l’improvisation spontanée et de la portée spirituelle du jazz (avec des réminiscences Coltranienne et un clin d’œil à Olivier Messiaen à travers la relecture de ô Sacrum Convivium). Sur Macadam, Tony Malaby au ténor (côté droit) entrelace sa chaude sonorité avec celle de Matthieu Donarier au soprano (côté gauche) dans une euphorie fusionnelle où la richesse musicale se conjugue avec le plaisir et le bonheur. Lorsqu’ils sont tous les deux au soprano, on passe d’un duo au son très pur et boisé, évoquant une promenade matinale en forêt (A L’air Libre), à un groove rock imparable et intense (Palabre). Mais c’est peut-être sur les très beaux développements mélodiques de Fable, que leur complémentarité apparaît la plus évidente (Donarier est cette fois au ténor et Malaby au soprano). Thomas Grimmonprez est un batteur qui fourmille constamment d’idées, il nous fait penser aux plus grands, aussi bien à Elvin Jones qu’à Daniel Humair. Son jeu foisonnant et inventif fait merveille sur les tempos rapides (Palabre) et médiums (Houria) ainsi que sur les ballades comme Un Ange Passe, où il distille un sensuel climat d’effleurement. Enfin Stéphane Kerecki est un contrebassiste à la sonorité superbe, il sait se mettre en retrait tout en construisant de remarquables lignes de basse, qu’il place au centre de l’architecture de ses compositions aux superbes mélodies. Pour la troisième fois et plus particulièrement avec Houria, Stéphane Kerecki cumule avec talent et pour notre plus grand plaisir, les rôles de contrebassiste, leader et compositeur : Hip, Hip, Hip, HOURIA. Lionel Eskenazi

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