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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 18:58


88 Trees 2009

Dans ce nouvel album entièrement composé et produit par Laurent Coq, c‘est un quartet très « américain » que donne à entendre le pianiste qui pour l’occasion est allé enregistrer outre atlantique, dans le New Jersey.  On sait qu’avec Jérôme Sabbagh ils ont vécu (ou vivent encore) à New York et que, si le pianiste tout comme le saxophoniste ne sont pas à proprement parler natifs de la Grosse Pomme ils sont néanmoins fondamentalement New-Yorkais d’adoption et de jazz. Baignant dans la même musique générationnelle que les Donny Mc Caslin ou les Dave Binney dont on les sent particulièrement proches, ils jouent un jazz de quartet à l’élégance raffinée. Et l’on dit « jazz de club » ici comme d’autres diraient « jazz de salon ». Car si cet album présente moins d’originalité que celui qu’il présentait avec David El Malek et Olivier Zanot, il repose toujours sur le savoir faire de l’écriture de Laurent Coq, toute en finesse et en délicatesse exquise. Les individualités de ce quartet s’illustrent merveilleusement bien dans ce jeu à fleuré moucheté et l’on remarquera notamment l’émergence de Damion Reid batteur jusque là presque inconnu (il joue avec Robert Hurst ou encore Robert Glasper) et ici expert en dentellerie sur mesure ( il faut écouter Eight Seasons in One Summer pour s’en convaincre).

Pourtant si raffinée que soit cette écriture, elle apparaît ici légèrement répétitive un peu comme si Laurent Coq avait décliné 8 fois la même thématique musicale, la même structure à laquelle il apportait chaque fois des nuances subtiles.Ainsi la plupart des morceaux se concluent ils avec le même système de coda renforçant le sentiment d’une musique circulaire comme plusieurs étapes d’une seule et même suite.

Avec une réelle modestie et un sens de l’abnégation Laurent Coq comme il le fait souvent, ne s’affiche pas, ne s’expose pas préférant mettre en valeur le jeu de ses partenaires. Suprême élégance. Mais surtout ce que dit Laurent Coq relève toujours du subtil. Du cousu main où l’improvisation semble ici naturellement écrite, coule de source comme partie intégrante de son discours. On pense parfois à Konitz et Marsh, on pense aussi souvent à Tristano. Comme toujours dans les albums de Laurent Coq il y a aussi un sens savant de l’équilibre dans l’intensité très maîtrisée du son. Et à ce jeu-là Jérôme Sabbagh s’y fait l’interprète toujours élégant de la musique du pianiste comme dans ce Circle 57 où derrière une façade très « formatée » le jeu du saxophoniste recèle de fines nuances sensibles.

Pas forcément majeur dans la carrière du pianiste, cet album lui ouvre néanmoins de nouvelles voies et confirme ce que nous savions déjà, à savoir l’art de Laurent Coq de  faire sonner un quartet et de l’emmener toujours sur des voies douces et sensuelles qu’il semble parcourir dans un murmure délicat. Jean-marc Gelin 

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