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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 09:34

 

Laurent Rochelle (clarinette basse), Dieter Arnold (batterie, percussions)

Un vaste paysage désert flotte dans le flou d’un doux pastel noir et blanc. Il invite à se poser, à contempler. Il donne envie d’attendre de voir que se passe quelque chose, de se laisser porter. Il ne faut pas plus d’une telle pochette pour ouvrir des appétits d’évasion.

Comme souvent, une liberté en appelle une autre, et, dans « Short Stories », l’improvisation questionne le voyage. Pour y répondre, sa majesté la clarinette basse, cette grande dame de la rêverie s’accompagne du rythme. A ses côtés il chemine, mouvant et sensible, multiforme et coloré.

Les protagonistes du récit sont deux explorateurs de l’âme : le français Laurent Rochelle à la clarinette basse et l’allemand Dieter Arnold à la batterie et aux percussions.

Leurs « nouvelles » sont autant de prétextes pour peindre des atmosphères. Chacune d’elle brosse un tableau musical singulier. Autant d’images que d’étapes pour un voyage qu’ils invitent généreusement à partager.

D’emblée, dans « Short Story », la clarinette basse joue le griot avec la complicité de percussions qui sentent l’Afrique. Dans « A Trip », elle se fait charmeuse au travers de ritournelles teintées de folklore ; l’orient n’est pas loin. Mais la clarinette basse n’est pas seule à mener la danse ! Dans « Marsch », c’est au pas de la caisse claire qu’elle suit une armée imaginaire. Plus tard, dans « Power gong », la cymbale l’entraîne sur les rives de l’Asie.

Avec de tels guides, il aurait été surprenant de ne pas sortir des sentiers battus. Dès lors, il faut parfois défricher les chemins qui mènent hors des frontières géographiques comme dans le grinçant « Lonesome Turtle ». Mais le temps change, semble-t-il.  La pluie ne se serait-elle pas mise à tomber sur « Troll » ? Vite,  il faut rentrer se mettre au sec, la balade est terminée.  On reviendra à la prochaine occasion, dès que la sirène du bateau de la clarinette basse signalera un nouveau départ.  Amateurs d’imaginaire, ne pas s’abstenir. Ce disque nourrit les envies de liberté, d’espace où le silence est roi. C’est poétique et fluide. On respire.

Anne-marie Allouet

 

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