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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 23:00

JJJJ BOJAN z : «  Xenophonia »

 

 

Bojan Z(ulfikarpasic) (p,fd, xénophone), Remi Vinolo (b), Ari Hoenig (dm), Ben Perowsky (dm), Krassen Lutzakanov (kaval)

Autant dire tout de suite le coup de cœur absolu que nous avons pour ce nouvel album de Bojan Z. Le jazz y est ici réinventé ici avec autant d’énergie à revendre que de trouvailles éclectique voire même avec une bonne dose d’humour. Car Bojan ose tout.  Et à ceux qui lui reprochent parfois d’en faire trop dans son jeu, il montre à l’entame de cet album qu’il pourrait s’il le voulait, jouer à la manière d’un Ahmad Jamal. Il est vrai que le premier morceau (Ulaz qui veut dire « entrée »)  n’était en fait qu’un morceau réalisé pour la balance son mais finalement conservé.  Ambidextre Bojan joue des deux claviers, acoustique et électrique pour un album très border line à la frontière de tout.  Ballade dans des univers très légèrement empruntés à ses racines du côté de Belgrade qu’il prend soin de largement dissoudre dans une grande rase de jazz ou de rock. Son fendher se transforme à l’envie en guitare héros allant même avec un son un peu «  sale » à reprendre note pour note sur son clavier électrique le chorus de guitare d’une légende du rock serbe (Wheels) . Les morceaux complexes alternent avec des structures très simple.  Sur Pendant ce temps chez le Général (l’enregistrement a eut lieu dans un studio boulevard du Général Davout, d’où le titre), Bojan s’appuie sur une rythmique fusionnelle pour aborder un morceau par une face plus improvisée voire un peu plus destructrée. Sur Cd-rom (en hommage  aux vendeurs de CD à la sauvette), Bojan part du folklore (un joueur de kaval s’invite ici) pour découdre avec swing un morceau que ne renierait pas Jason Moran. Par ce titre étrange Xenophonia, Bojan entend signifier non seulement qu’il est un peu étranger et chez lui partout mais surtout que ses univers sont sans frontières. A la manière des chanteurs du Delta, Bojan s’offre même la liberté de chanter un blues sauvage ou de reprendre un titre de David Bowie (Ashes to Ashes). Son patrimoine est éclectique et c’est presque avec boulimie qu’il nous montre ce qui a nourrit sa culture musicale. Si Bojan Zufikaprasic est avant tout un immense pianiste de jazz  (En 2002 Bojan est nommé Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture. Il a aussi reçu le Prix Django Reinhardt Musicien de l’année de l’Académie du Jazz) il n’oublie pas que ses attaches se situent autant du côté de Clare Fisher que de Jimi Hendricks ou de Franck Zappa dont il revendique une forme d’héritage. Lorsque le jazz se réinvente avec tant de pépites révélées, autant d’énergie jubilatoire, lorsqu’il ne s’enferme pas dans des schémas cloisonnant, lorsque le jazz ne se regarde pas le nombril mais qu’il s’ouvre à tant d’univers et se livre avec autant d’humour, lorsque le talent prend le pouvoir et communique autant de plaisir, on sait que forcément on a affaire à un grand disque et surtout à un immense artiste. Le jazz a décidemment de beaux jours à vivre.                  Jean Marc Gelin

 

 

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