Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 23:33
Éditorial

 

 Ne le cachons pas ce début d'été commençait à nous inquiéter un peu. La situation devenait franchement préoccupante et il était urgent que le monde du jazz en prenne conscience. Peut être est ce dû à la chaleur de l’été ou aux échos qui nous arrivaient des tribunes allemandes, mais le fait est que la désaffection des clubs de jazz tend à se confirmer sérieusement. Songez que pour ses deux concerts à Paris, le grand saxophoniste américain Tony Malaby n’a réuni à peine qu’une dizaine de spectateurs. On pourra toujours objecter que la musique qu’il proposait ces soirs là était ardue et difficilement accessible mais l’argument est un peu fallacieux car, pour le savoir, encore fallait il y être.

Heureusement face à ce risque de voir les salles continuer à se vider et les clubs fermer les uns après les autres, une belle initiative est née du côté de la rue des Lombards. L’association Paris jazz Club créée autour de Jean Michel Proust, Alex Dutilh, Claude Carrière, Stéphane Portet et Maria Rodriguez est née de cette volonté de ramener le public dans les clubs. Cette initiative va permettre aux spectateurs, une fois toutes les six semaines de bénéficier d’un tarif unique pour naviguer entre les 4 clubs que compte la rue. Ces clubs qui contribuent tant à l'essor du spectacle vivant, à la création instantanée bref à l'essence même du jazz. C’était une idée aussi simple qu’évidente. Encore fallait il la mettre en oeuvre. Chapeau !

 Du côté de la programmation des festivals  on trouvait là encore quelques motifs d’inquiétude. Une certaine morosité nous gagnait à voir les grosses machines se mettre en route avec une programmation lourde et démago qui semblait dérouler quelques affiches sans surprises et surtout sans aucune prise de risque. L’impression aussi d’avoir à affronter des organisateurs plus enclin à faire de l’événementiel pour VIP façon Stade de France qu’à ouvrir un espace inédit à un public avide de choses riches. Un grand nombre de musiciens français, chroniqués dans ces colonnes même et qui se sont signalés cette année par de belles sorties d'album nous ont dit qu'ils n'avaient aucun engagement cet été. N'y aurait il pas quelque chose qui cloche dans le paysage ?

Mais voilà il y a quelques exceptions heureuses. Découvrir par exemple que Blandine Hermelin qui préside à la programmation du très select festival d’Enghien cherche tout au long de l'année des chanteuses inconnues du public sur le web, découvre des talents nouveaux, les écoute et prend le risque de les programmer est en soi une démarche qui nous plaît. Chapeau là aussi !

Ailleurs, à Maisons Laffitte, Nicole Bykoff pour son tout nouveau festival prend elle aussi le pari de faire découvrir une scène d’Europe. Pour cette première édition elle a programmé des artistes venus de la scène belge. Il fallait oser. Chapeau là encore !

Et ce ne sont que deux exemples parmi d’autres de ce que les vrais passionnés du jazz sont capables de faire. Ceux qui sont investis dans leur propre festival font partie de ceux là, et comme ont dit en ce moment Outre Rhin ailleurs, "ils savent mouiller le maillot".

 Et puis il y a ceux aussi qui font le pari de l’intelligence. Ceux qui misent sur l’explication de texte. La Cité de la Musique   nous offrira à la rentrée un festival somptueux avec des têtes d’affiches exceptionnelles. Mais dans le même temps et parce que c’est aussi sa vocation il saura s’ouvrir à des conférences avec des invités vedette ou encore au cinéma avec quelques belles programmations au MK2 Quai de seine. Manière de poser quelques débats sur la place du jazz aujourd’hui. Encore une fois Chapeau

 Et au travers de ces exemples on voit bien que c'est à nous tous, programmateurs, journalistes, propriétaires de clubs et musiciens de susciter l'envie, le plaisir et la curiosité du public.

 Il y a dans ce paysage de début d’été bleu pâle autant de raisons de s’inquiéter que d’autres de se réjouir. Un peu comme une coupe du Monde qui commencerait en demi teinte et qui pourrait bien finir en apothéose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires