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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 07:10


Plus Loin Music 2009

Patrick Artero (tp), Don Vappie (g, bjo, vc), Emmanuel Duprey (p, fd, orgue), Mark Brooks (cb), Troy Davis (dm), Arnold Mouezza (perc)

Sous contrat d’artiste avec le label Nocturne, Patrick Artero avait 3 albums à produire à la suite de celui qu’il avait magnifiquement consacré il y a 5 ans à Bix Beiderbecke. Il s’agissait alors du premier album de sa longue et riche carrière. Puis le trompettiste avait surpris son monde avec un autre opus consacré à Jacques Brel. Totalement inattendu là encore. Patrick Artero tel un feu follet décidemment insaisissable et inclassable crée à nouveau la surprise aujourd’hui et surgit là où on ne l’attendait pas avec un album inspiré du vaudou et de la musique de la Louisiane.  Mais finalement au-delà de la première surprise il y a une certaine logique de la part d’un musicien qui s’est toujours nourri autant de New Orléans  ( Bix là encore) que de l’Afrique noire et sauvage (avec Toure Kounda) ou encore de la créolité caribéenne ( Kassav, Zouk Machine). On retrouve donc fort logiquement tous les ingrédients pour en faire une alchimie un peu sorcière. Mais là où Patrick Artero aurait pu charrier tous les clichés du genre, il s’en tire à merveille en allant puiser dans toutes ses inspirations pour évoquer aussi bien la moiteur du bayou ( a wish to Erzulie) que la transe des rythmes ensorcelants et mystérieux (Bayou Saint John Reunion, Snake dance) ou encore les marching band de la cité du croissant (Papa limba’s march). Accompagné d’une bande de musiciens entre boppers et gars du cru, Artero fait avec un sacré talent, œuvre de syncrétisme dans laquelle il n’oublie jamais que le jazz est aussi affaire de danse et de gaîté. Le beau travail de ses accompagnateurs entre bop de bon aloi ( côté Emmanuel Duprey aux claviers) et afro-jazz ( remarquable Arnold Moueza aux percus) s’acoquine avec  des gars comme Don Vappie (au banjo) et Troy Davis qui connaissent par cœur les climats de la Nouvelle Orléans.  Artero y trouve là un bien beau terrain pour quelques envolées comme on les aime ( écoutez le sur Oh what a strange doll…) au groove toujours chaleureux. Dans cet album quasiment composé par le trompettiste, Artero grapille par-ci par-là une musique enchanteresse ( l’autre disait de lui et avec admiration que Patrick Artero, c’était en fait une chanteuse !), et Patrick Artero se souvient toujours de ce jazz festif qu’il ne manque jamais de saluer sans nostalgie mais avec un poil d’émotion quand même. Il y a là une belle forme de témoignage. Avec cet album qui brasse large tout en restant ultra cohérent dans son projet artistique, Patrick Artero rend en effet un bel hommage aux sources du jazz d’où l’on vient et où l’on retourne, toujours. Qu’il sait rendre aussi traditionnel que moderne.  Jean-marc Gelin

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