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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 07:00
Hervé Samb au Baiser Salé (rue des Lombards à Paris) - 10 juillet 2009
Mike Armoogum (b), Taffa Cissé (perc, voc), Freddy Jay (platines), Carlos Gbaguidi (dr), Hervé Samb (elg, ag, voc)

 

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Photo: Hervé Samb © JB Millot



Ca y est, c'est parti! Le Baiser Salé lance son festival "Quand l'Afrique nous tient !" qui se déroule du 10 au 19 juillet 2009 avec Sarah Lenka et Jean Jacques Elangué entre autres.
C'est le groupe du guitariste sénégalais Hervé Samb qui ouvre le bal (on note que le batteur habituel Jon Grandcamp est absent). Formé par le guitariste belge Pierre Van Dormael, tristement disparu cette année, qui lui ouvre les portes des harmonies jazz, Hervé Samb arrive à Paris en 1998. Sa carrière est immédiatement lancée dans des groupes aux styles différents: David Murray et ses Gwo Ka Masters (jazz world), l'incroyable musicienne Meshell Ndegeocello (jazz new stream) avec qui il enregistre deux albums, les maliens Amadou et Mariam, Jacques Swarz Bart (jazz) pour l'album Abyss, le World Saxophone quartet, Linda Hopkins (Rythm & Blues), Linton Gravey (Reggae), Check Tidiane Seck ou Toure Kunda (Afrique). Vous l'aurez compris, Samb est un musicien demandé et polyvalent. C'est probablement avec Cross Over que Samb révèle sa profonde identité artistique: il aime à dire que Cross Over est le lien entre les musiques africaines et la musique noire-américaine avec comme fil conducteur le groove ... et le blues. C'est aussi un peu le résultat de ses nombreuses collaborations.
Et cela se vérifie au Baiser Salé, les sonorités et rythmes africains se mélangent au son lourd du blues et du rock (sa première influence est Jimi Hendrix et ça se sent). Samb est aussi un virtuose de la guitare: son jeu, en piqué à l'africaine, fait aussi penser à celui de McLaughlin pour la vitesse, Jeff Beck pour le côté fusion et Allan Holdsworth pour les soli enlevés. Visiblement décontracté dans la vie de tous les jours, Samb est comme électrisé sur scène. Il est particulièrement doué pour transcender les atmosphères par des explosions musicales puissantes, de celles qui vous font vous lever de votre siège. D'ailleurs, avec Cross Over, on ne sait pas vraiment d'où vient ce feu qui nous fait hérisser le poil. D'abord la configuration de ce groupe est originale et risquée. La rythmique est double, comme une structure à deux pans, et fonctionne par paire. La première est classique avec le binôme basse-batterie (Armoogum et Gbaguidi) qui donne un son roots et brut. L'autre est iconoclaste avec le tandem pecussions-platines: le percussionniste Taffa Cissé, discret et très efficace, et le DJ Freddy Jay, au look soigné, sur ses platines donnent une dynamique et une fraicheur neuve. Chacune a son rôle: la rythmique roots installe un très robuste tapis rythmique qui ne manque pas de mordant et la deuxième seconde Samb, personnage central du groupe, avec des samples instrumentaux et vocaux, scratchs, relances et repons rythmiques habilement electro-trafiquées. Le résultat est explosif, équilibré et fait vibrer le public visiblement surpris par ce raz de marée.
Pour ce concert d'ouverture du festival "Quand l'Afrique nous tient!", Samb et son groupe Cross Over nous ont apporté la chaleur qui manque en ce début d'été. En empruntant les chemins de l'afro-beat, du folk africain et américain, de la fusion brûlante agrémentés de quelques ersatz électro bien amenés, Cross Over se fait le chantre d'une musique neuve qui puise dans le patrimoine musical universel. Réjouissant et viril.
Jérôme Gransac

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