Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 05:23
Effendi 2009

Jean Christophe Béney (ts, ss), Frank Lozano(ts, ss), Alexandre Grogg (p), Alain Bédard (cb), Pierre Tanguay (dr)

 

 

  Myspace


 

 

Avec Sphere Reflexion, Alain Bédard quintet avait signé un album hommage très réussi et inspiré à Thelonious Monk. Une œuvre sans faute de goût qui avait gagné ses jalons grâce à ses compositions justes dans l'esprit monkien, un jeu classieux et une motricité solide qui imprimaient la vénérable identité de cet auguste quintet. Avec Bluesy Lunedi, troisième album en leader de Bédard chez Effendi, label québécois dont il est le co-fondateur (avec Carole Therrien) et directeur depuis près de 10 ans, l'impression de réussite n'est pas garantie. Les compositions sont toujours de Bédard mais ont moins de relief que celles de Sphere et les harmonies manquent un peu d'originalité à l'oreille. L'Auguste quintet est un peu transformé mais ce n’est qu’au bénéfice du groupe. L’excellent Jean-Christophe Béney et son sax ténor ont pris la place de l'altiste Michel Côté. Fidèle parmi les fidèles, Frank Lozano est à ses côtés. Le hic est que les deux musiciens jouent des mêmes instruments: ténor et soprano. Malheureusement, il est quasi-impossible de distinguer l'un de l'autre lorsqu'ils jouent. C’est bien dommage pour les musiciens et pour l’auditeur car l’oreille ne parvient pas à se défaire de cette sensation de redondance dans les textures des instruments à vent.

On se délecte pour autant des chorus somptueux à deux sopranos sur « Double vue », la bonne motricité de « Simplement », le swing monkien de « Monky ». De manière générale, les compositions sont bien écrites et le groupe joue un jazz robuste avec une motricité solide. Mais « Archange » est une ballade un peu molle et la mélodie mièvre de « Nécessité » est dispensable, justement, à cet album. En fait, il manque un tant soit peu du mordant à cet auguste quintet, un peu plus d'envie dans le jeu et de conviction. Par ailleurs, à l’écoute des compositions et à la lecture du livret, on en vient vite à penser que l’écriture, l'enregistrement et la production se sont faits trop rapidement. En témoigne la présence de la clarinette basse, peut être de Lozano, que l’on entend en arrière-fond sur « Double vue » - on croit aussi distinguer un alto sur ce même morceau, sans certitude – alors que l’instrument n’est pas référencé dans le line-up du livret.

Voilà un album qui n’est pas mauvais, loin de là, il est plaisant et très bien joué. Mais il lui manque la témérité des instrumentistes dans le jeu et l’audace du compositeur Bédard. Dommage.

 

 

Jérôme Gransac

Partager cet article
Repost0

commentaires