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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 23:09

JJJJ FRANCOIS COUTURIER: “Nostalghia – Songs for Tarkovski”

 

 

 

ECM 2005

 

 

 

 François Couturier signe sous son nom un vibrant hommage aux sources d’inspiration et à la dimension spirituelle de son cinéaste préféré, Andreï Tarkovski (1932 – 1986), réalisateur de sept longs métrages (dont Andreï Roublev (1969), Solaris (1972), Stalker (1979), Nostalghia (1983) et Le sacrifice (1986)). Comme beaucoup, il écrit avoir eu une révélation à la découverte de son film, Andreï Roublev, cette grande épopée qui raconte la vie du célèbre moine - peintre russe d'icônes qui vécut au XVe siècle et qui évoque de manière douloureuse le rôle de l’art et de l’artiste. « Nostalghia – Song for  Tarkovski » est un disque – passion dans le lequel chaque morceau rend hommage aux territoires des films du cinéaste, à ses acteurs (Erland Josephson et Anatoli Solonitsyne qui a été découvert par Tarkovski et qui joue le rôle d’Andreï Roublev), à ses compositeurs de prédilection (Le Sacrifice et l’Éternel retour sont inspirés de " La Passion selon St Mathieu" de Jean-Sébastien Bach et Toliu du Stabat Mater de Pergolèse), à ses collaborateurs (son cameraman Sven Nykvist dans Crépusculaire, son scénariste Tonino Guerra dans Nostalghia, l’un de ses compositeurs favoris Eduard Artemiev dans Stalker). Un hommage  - réminiscence qui plonge dans l’univers du cinéaste où le rêve, la vision, les sensations, l’essence des choses l’emportent sur la vraisemblance et le matériel. La musique composée par François Couturier est merveilleusement inspirée et mélancolique. Le temps et la lenteur y jouent un rôle central. Chaque plage du disque est une ode radicale et poignante. Cette musique est religieuse au sens étymologique car elle relie le spirituel et le temporel, déserts et vie, sons et visages, jazz et cinéma, et surtout elle transcende, elle emporte au-delà, de même que les films de Tarkovski transcendent le cinéma. Ni classique, ni contemporaine, ni jazz, cette musique est ailleurs. Hypnotique, envoûtante, poétique, cette musique joue de l’espace et du temps, de l’ombre et des lumières. Elle dit la beauté, l’austérité, la solitude, la perte, la maladie, l’éloignement, l’espoir. Elle se confond avec le chant de la nature et n’est parfois plus que respiration. Elle est à la fois très écrite et très spontanée (difficile en effet de distinguer les parties improvisées). Les instruments (accordéon, saxophone soprano, violoncelle et piano) s’associent avec grâce et une absolue évidence. Très colorée, cette musique émeut profondément, elle atteint en nous des territoires rarement visités. Elle ne nous parle que de l’essentiel. « L’art doit être là pour rappeler à l’homme qu’il est un être spirituel, qu’il fait partie d’un esprit infiniment grand, auquel en fin de compte il retourne. » Tarkovski.

 

 

 

Régine Coqueran

 

 

 

 

 

 

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